Des choses de l'amour qui sont compliquées, je n'en connais qu'une seule : la jalousie.
Ai-je un jour frappé par ladite maladie. D'aussi loin que je m'en souvienne, je ne crois pas.
Problème alors. Les jeunes filles, et moins jeunes d'ailleurs aussi, répètent à l'envie que l'amour ne saurait se départir d'une dose de jalousie.
L'esprit cartésien que je suis est soudain pris d'éffroi...je n'aimerai donc pas ma moitié ?
Balivernes.
Je n'aime qu'elle. Je la chéris et ne vois nulle autre possibilité que de l'aimer toujours, plus fort et à jamais.
Alors quid?
Serai-je une forme nouvelle de l'Homme qui serait incapable de ne rien ressentir en voyant sa dulcinée être l'objet de mille sollicitations de la part de la gente masculine ?
Il faut bien se rendre à l'évidence. Il n'en est rien. Je suis jaloux, parce que force est de reconnaître que ladite scène provoquerait mon courroux.
Mais alors comment faire pour concilier le partage de sa douce -le ledit partage prend ici une acception toute philosophique, les esprits libidineux sont priés de ne point laisser courir leurs imaginations- avec l'aversion que l'on peut naturellement trouver en l'endroit des autres hommes?
Les jeunes femmes citées plus haut (ainsi que les moins jeunes d'ailleurs) vous répondront la bouche en coeur, qu'il s'agit de bâtir sa relation sur la confiance, le libre échange (esprits libidineux, on vous regarde), la communication et tout ira bien.
Les Hommes vous diront-la bouche enfarinée- que nul danger n'est à craindre d'eux puisque eux aussi sont mariés à de jeunes nymphes dont la plastique n'a d'égale que leur puissant intellect.
Tout va bien dans le meilleur des mondes alors, à en croire les déclarations des uns et des autres.
Re balivernes.
Ce que je dis moi c'est qu'il n'est pas possible de demander à un être qui tient à sa moitié d'ignorer l'ire naturelle qui va poindre lorsqu'une vilaine ou un va-nu-pied tente une approche vers l'objet de ses désirs. Je rajoute qu'il est sain de ressentir cette sourde colère caractérisée par une envie de lui casser les genoux à la manière de Steven Seagal rencontrant un coiffeur voulant l'occire pour de vagues considérations capillaires.
Il est cependant normal que dans nos sociétés occidentales nous feignions l'indifférence.
Fatale erreur.
C'est là laisser un terrain fertile à la suspicion la plus crasse qui mènera à une vive altercation sans objet. Voire plusieurs altercations si votre moitié est d'humeur chafouine et vous rappelle fort inopportunément qu’elle n’avait pas goûté qu’une secrétaire peu farouche vous tourne autour lors de votre Christmas Party...voilà douze ans déjà.
Je vous le dis amis lecteurs, n'ayez point de crainte à avouer à votre amour que vous l'aimez, qu'elle vous manque, que la voir avec un jeune éphèbe aux muscles saillants et la canine acérée ne vous rempli pas d'aise.
Dites lui mille et une fois que vous l'aimez et surtout tourner mille et deux fois votre langue dans votre bouche avant de lui faire remarquer par de désobligeantes remarques qu'elle a préféré discuter avec son collègue de bureau toute la soirée plutôt que de se tenir à vos côtés.
Bien souvent votre douce explique à ce jeune freluquet-certes 15 ans plus jeune que vous, le cuir brillant, la patte vive, la langue pendante et la queue en émoi (amis libidineux, faites attention)- combien vous êtes un homme charmant, attentionné mais aussi l'amour de sa vie, que même si vous ronflez c'est une douce musique à ses oreilles, que vous avez du ventre parce que vous êtes le meilleur cuisinier du monde, le meilleur des pères et aussi un amant merveilleux.
La jalousie vous apprend que vous aimez la personne que vous regardez en proférant mille insultes pendant qu'elle s'amuse lors d'une soirée alors que vous êtes bloqués au bar avec un ami à l'hygiène buccale plus que douteuse.
Comprenez que vous êtes différent, elle butine de groupe en groupe parce que c'est la plus femme du monde dotée d'un sens du contact inné et vous êtes au bar parce que c'est votre tempérament d'ours mal léché.
Dernière recommandation, faites fi de toute velléité conquérante : en aucun cas ne cherchez à lui faire subir ce que vous ressentez en allant faire de la gringue à cette jeune femme à la poitrine opulente et au rire gras. Il n'est jamais esthétiquement intelligent de se retrouver sur les photos d'entreprise à rire la gorge toute déployée pendant qu'un oeil salace fixe ledit décolleté. Ce n'est jamais intelligent de garder des traces -rappelez vous cette secrétaire d'il y a douze ans- et de plus par la faute cette greluche vous vous exposez à de vives représailles une fois dans le véhicule familial.
Dans ces circonstance d'extrême dénuement affectif, utilisez ce qui vous différencie des autres hommes présents à cette soirée et qui vous rendra toujours favori aux yeux de votre femme :
votre cerveau.
1 comment:
Tout ça c'est très beau mais je veux quand même pas te voir trainer avec des personnes qui ne sont pas de ton building...;)
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