Sunday, August 17, 2008

Du goût des autres


On dit souvent "les goûts et les couleurs...." et puis on s'arrête là. Premières interrogations: est ce parce que la plupart de gens ne connaissent pas la suite de ce dicton ou avons nous peur de froisser les susceptibilités des uns et des autres que nous stoppons net pour ne pas devoir argumenter plus avant.

Des goûts et des couleurs…Exactement !

"De gustibus et coloribus non disputandum", disaient en latin les scolastiques (nul besoin de rappeler que ceux-ci étaient les étudiants en philosophie) médiévaux : des goûts et des couleurs il ne faut pas disputer !
Cela voudrait-il dire qu'effectivement dans le domaine du goût, comme en de nombreux autres, il faudrait pouvoir séparer le bon grain de l'ivraie. Cela reviendrait à affirmer haut et fort qu'il y les détenteurs de la bonne palpation gustative et les autres livrées aux gémonies de par leur infirmité gustative.
Ce terrorisme papillaire me rappelle les débats, houleux -pour peu que l'on puisse prêter à Karl Lagerfeld aucune velléité guerrière- portant sur le bon goût vestimentaire qui commanda que l'on ne porte point de cravate à pois avec une chemise rayée, ou encore qui l'on observe un strict bannissement de la chaussette de sport -communément appelée chaussette blanche- d'avec son costume en tweed par exemple.
Cela voudrait dire qu'il y a d'un côte les sages et de l'autre les plébéens. Ceux qui seraient sorties de leur caverne et les autres apeurés au seul contact de la lumière.
N'avons nous jamais assisté à un débat d'expert ? Un seul constat : la conversation des gens de goût est tellement ennuyeuse. Car il y a bien peu de sujets de dispute en dehors des goûts et des couleurs.
Je réponds donc doctement à la proposition de départ disant que les "goûts et les couleurs..." doivent se discuter. Il est impératif de débattre de la pertinence d'une cravate à pois sur une chemise rayée (les chaussettes blanches ne souffrant, quant à elles, aucune discussion possible) et autres sujets polémiques.
Nous devons faire jaillir du terreau fertile de nos différences non pas un consensus mou à la manière d’un gouvernement Balladur - Mitterand, mais pluôt une discussion vive et animée, contradictoire comme un jour de PSG-Marseille sur la cannebière.
Il n'est nul question de convaincre mais plutôt de faire entendre.

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