Combien d'entre nous n’avons jamais regardé ce monsieur aux pratiques policières pour le moins singulières. En effet cet acteur célèbre s'adonne à la chasse aux truands, muni de son seul jeans moulant, d'une ceinture dont la boucle de taille évidente n'est pas sans subtilement suggérer des attributs génitaux que ne renierait pas Rocco Siffredi, d'un chapeau de cow-boy et des chemises à carreaux qui ont fait les beaux jours de la série La Petite maison dans la Prairie.
Avant d'entamer cette brillante reconversion dans les feuilletons aux accents guerriers de fin d'après midi sur la première chaîne hertzienne, ce monsieur s'était illustré dans des films dits de combat -les fans se souviendront la larme à l'oeil de cette fameuse scène dans les ruines de la vieille Rome où cet acteur se faisait arracher les poils du torse en restant extrêmement digne.
Pour ceux qui n'auraient pas reconnu ce monstre du cinéma d'auteur -titre qui lui est âprement disputé par Steven Seagal (autre monument du film de combats reconverti dans la garde de baby sitter et la musique country)- sachez qu'il s'agit de Chuck Norris.
Après cette mise en situation, je voudrais porter à votre attention non pas la protéburance du bas ventre dudit monsieur, mais plutôt sur l'extrême brutalité avec laquelle ce dernier nous donne à admirer sa sculpturale moustache. Chuck possède cette moustache, caractérisant les hommes, les vrais dans l'acception toute machiste des communautés du Lubéron avec les poils autours...citons ici en vrac et sans ordre de préférence quelques spécimens, Gérard Jugnot, Michel Blanc, Hitler, Lee Van Cleef (le Méchant dans le classique Le Bon, La Brute et le Truand), José Maria Aznar ou encore Ariane Massenet.
Il est à relever que d'autres exemples cinématographiques contemporains avaient dédaigné le port de ladite moustache, comme pour mieux nous signifier leurs penchants pacifiques, citons encore par souci du détail John Wayne, Clint Eastwood, Elvis, Ronald Reagan, George Bush et plus proche de nous Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy et enfin Yves Saint Laurent.
Le port de cet appendice labial touffu révèle bien plus qu'une anodine inclinaison capillaire. Le port éhonté de cette brosse à toilette sur le dessus des lèvres est une revendication en soi.
Le souvenir de la moustache de chuck Norris m'est apparu après la dernière campagne de publicité de Michael Jordan. Nous nous accorderons rapidement sur le fait que ce sont ces acrobaties par dessus et dessous un panier de basket et moins par des diatribes belliqueuses que ce dernier s'est rendu sympathique aux yeux du monde.
Alors pourquoi ce rapprochement ?
Bien sur le même sourire carnivore, la même boucle d'oreille, la même calvitie (non ce qui passait pour un choix délibéré de coiffure, n'était qu'une cruelle mise au pas parce que la nature ne lui avait pas été clémente), la même voix...mais quelque chose a disparu.
Je me suis demandé toute ma vie s'il était possible d'être noir, porté une moustache et surtout être républicain. Ben oui c'est possible. Non pas que Jordan républicain, m'en fasse bouger une sans toucher l'autre -pour paraphraser un poète célèbre de la Vème République récemment à la retraite en attendant un prix Nobel de la paix- mais bordel un gars qui a des moyens pour se taper un barbier à domicile rechigne à se raser cette putain de moustache me met hors de moi. Il a quand même eu la bonne idée de nous épargner les costumes orange avec chapeau à plumes et les breloques.
En conclusion le mauvais goût est une valeur universellement partagée nonobstant les ressources pécuniaires, les opinions, l'âge des uns et des autres.
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