Thursday, December 31, 2009
Même pas mal
A voir vos mines déconfites, véritables manifestes à la gloire de la chirurgie plastique, je me dis que pour vous aussi, cette fin d’année ne remplit pas les légitimes espoirs que vous nourrissiez.
Une année qui commence par le viol et le passage à tabac d’une nonagénaire est forcément signe d’une excellente année à venir : ce n’est d’ailleurs que justice que cette vieille se soit faite ainsi agressée dans son modeste pavillon qu’elle entretenait grâce aux mirifiques allocations de solidarité vieillesse, fruits du dur labeur de son défunt de mari, qu’une enquête de police à l’époque prématurément interrompue , désignait comme responsable de son passage à trépas.
Cette vieille dame, au lieu de goûter aux charmes infinis des maisons de retraites, qu’un reportage fort fouillé de l’irréprochable rédaction de France 2, nous en dévoilait tous les subtils atours et forcément avantages de salles climatisés où elle aurait pu sucer un glaçon en prenant le soleil et ainsi attendre que la mort la frappe, cette vieille donc a décidé fort égoïstement, en ces temps de durs labeurs et de frugalité budgétaire, de continuer à creuser un peu plus le lit, déjà fort profond du fleuve de la sécurité sociale, en réclamant une aide et des soins à domicile –aides superfétatoires et dispendieuses quand on sait que de nombreux gérontophiles viscéralement anti-européen étaient contre la directive Bolkestein, qui nous permettait par de savants mécanismes sociaux de réduire les masses salariales de ces mouroirs pour grabataires juste à bons à sucer du mou et porter des couches.
Non je vous le dis, 2009, une année de merde, excusez ma familiarité langagière mais en ce matin je suis colère : je pensais que les barbus allaient enfin trouver un moyen de faire sauter le grand noir de la maison blanche. Discrimination positive oblige, cette année devait voir émerger la branche Afrique d’Al Qaeda. Les maigres résultats de ces opérations laissent perplexe quant à la pérennité cette affirmative action version extrémiste. Il faut en revenir aux fondamentaux, des barbus, si possible chef de rayon bricolage BHV et/ou ex-salarié Total ou apparenté. Je ne veux pas être désobligeant pour nos amis les noirs qui voudraient se lancer dans le terrorisme, mais comment voulez-vous être crédible dans un aéroport alors qu’on ne vous laisse déjà pas rentrer en boite de nuit.
2009 – je me disais que Johnny Halliday allait enfin crever. J’y croyais mais une équipe de soin palliatif outre atlantique a commis l’impensable, réanimer la flamme de ce corps qui nous rappelle cruellement que si la majorité des être humains sont composés d’eau et de diverses matières putrides, Johnny n’est en fait qu’une vieille gourde en cuir orange dont les coutures ne vont plus tarder à lâcher. Evidemment la perte de cet être exceptionnel qui baise en France, cotise en suisse mais surtout pisse sur la Belgique, serait incommensurable pour les nombreux conseillers fiscalistes pour qui l’ont affectueusement baptisé le grand blond exonéré.
2009 – année de Bayrou. Le béarnais, homme du centre, qui a vaincu son bégaiement, a tenu tête à Mitterrand, Chirac et Sarkozy réunis. Bayrou toujours le pied coincé sur l’accélérateur et la pédale de frein, j’avance ou j’attends, c’est exactement ce qu’on se dit lorsqu’on voit l’orange, couleur de son partie. Bayrou, gentiment opposant, méchamment idiot. Une prose combat au service de Tatayet. Bayrou le pusillanime, sors toi les doigts du cul et couche avec Ségolène, tel le sauvageon de banlieue à l’instar de la république, nique la et si elle ne t’aime pas elle n’aura qu’à te quitter cette gourde.
2009 – Rama Yade : j’en suis au point de louer les services d’un albanais pour aller lui péter les genoux à cette gourdasse vert-de-gris. Je ne l’aime pas, je n’en fais pas secret et j’ai entretenu les plus grands espoirs en la voyant passer du Quai d’Orsay au ministère des sports, j’ai légitimement pensé qu’elle allait enfin fermer son gros clapets plein de matière fécale. Déjà pas capable de reconnaitre le département de la Vienne de la ville du même nom, elle ne comprend pas plus les subtilités de la balle trappe des règles pourtant évidentes du combiné nordique.
Je remercie Laurence Parisot et Serge Dassault, qui prouvent qu'on peut avoir son corps dans le 21ème siècle en ayant sa tête dans le 19ème. Il doit bien rester quelques mines de sel où les envoyer afin qu'ils goûtent tout deux les charmes austères et rigoureux du labeur à l'ancienne qu’ils appellent de leurs vœux.
Mais je ne veux pas finir l'année en parlant de ces nuisibles. À présent, je veux livrer à celles et ceux qui le méritent un message d'amour et de bienveillance.
Ce n’est un secret pour personne que j’exècre tout cet indécent étalage de bons sentiments et de grosse boustifaille qui balise la période des fêtes de fin d’année comme autant d’étapes sur un interminable chemin de croix mais je voudrais vous dire merci à toutes et tous pour ces purs moments de bonheur pendant l’an 2009. C’est peu vous dire que je vous aime, mais c’est assez de vous le dire aussi.
Ce fut une année épuisante et elle risque de continuer à l’être pour le reliquat d’heures qui la composent mais ce fut une année fort enrichissante.
PS : avant que la nuit ne batte son plein avec son cortège d’alcolos dépressifs et de libidineux en tous genres, je voudrais rappeler aux incontinents auditifs que j’ai un pied bot et que par voie de conséquence logique, je goûte très peu aux joies de la danse et de la transpiration de groupe.
Sur ce – bonne année.
Saturday, December 26, 2009
L’anthropologie belge ou les sphincters néandertaliens : le racisme expliqué aux enfants.
L’entreprise fut ardue, revêche, rugueuse, raboteuse même par moments. Puis ce fut Euréka, alléluia, la sublime découverte, émouvante comme toutes les découvertes. Bref, voilà l’invariant culturel : tout le monde a détesté, déteste et détestera sûrement quelqu’un. L’universalité transculturelle, c’est « l’autre qui me gonfle », également appelée « putain quel gros con » - scientificité oblige.
Le racisme est beaucoup plus qu’un sentiment naturel consistant à regarder en coin le néandertalien qui salope les myrtilles : c’est un charmant procédé de gestion des masses. Le débat sur l’identité nationale est un delirium où la frange la plus radicalisée de l’élite française néandertalise les "bougnoules".
Compte de Noel
Tant bien que mal, la 7ème Compagnie version Judée, finit par se trouver un coin d’étable, endroit idéale pour permettre à sa belle de vêler au milieu des bêtes.
Sunday, November 29, 2009
Régionales - Introduction
En ces temps d’élections approchant, il convient de se souvenir mais surtout de braquer les feux des projecteurs sur le très lourd fardeau qui repose sur les frêles épaules de nos élus, qui après avoir parcouru les nombreux marchés à la quête du cul des vieilles et du museau des vaches, ingurgité saucissons, pâtés en croute, bière et mauvaise piquette avant d’aller éructer ce trop plein de ruralité sur les plateaux de télévision de la très austère mais néanmoins encore fort désirable Arlette Chabot, ont fait le choix d’aplatir leurs existences devant les pieds de prolétaires qui n’ont pas compris la grandeur de cet engagement trop occupés à fumer du mauvais tabac et à morigéner sur la qualification du onze antillais en culotte courte.
Un examen, même sommaire, de leur existence, nous apprend combien leur vie est exécrable, bien qu’entièrement assistée par des contribuables dédaigneux et plaintifs. Lorsqu’il ne reverse pas l’entièreté de ses maigres émoluments, l’homme public est saigné à blanc, il est comme une bête de cirque, piégé sous le regard fiévreux de la foule en furie et assoiffée de mort.
Ils trépassent à petit feu avec noblesse et rage. Le peuple arrogant s’en tape comme d’une guigne, trop préoccupé par son quotidien de souillon. Heureux les pauvres, ils ne savent rien de la violence et de la misère - des hommes publics.
Le bonheur ne tient pas qu’à un costard à trois mille euros, arboré anxieusement sous la lentille ordurière de publicistes cannibales !
Le bonheur ne tient pas qu’à une paire de bottes dispendieuse et lustrée dont le bruit de talons raisonne contre l’oubli.
Défendre veuves et orphelins ?
Oui, mais comment sans strass et paillettes ?
Comment, hélas, dans notre monde d’images ?
L’apparat, perçu par un public avide à la façon d’une gloriole allumeuse, demeure la punition infligée aux notables tragiques pour mener leurs existences dissolues… Sur leur trente-et-un, plus tristes que la passion, les notables avancent immanquablement vers leur destin ; le bûcher des projecteurs.
Par amour du prochain, seuls, incompris, ils suent sang et eau, encaissent les danses, se prennent des clés de douze, en rotent, bavent, mille fois se font sauter la goule.
Ils vainquent le péril ?
Quand bien même, ils s’y jettent derechef. Et, de feux en feux, eux, qui s’étaient égosillés de toute leur âme pour un peuple futile et injuste, crèvent anonymes avec leurs cris d’amour refoulés. Quelques affres stupides s’échappent de leurs tubards. Humbles politiques locaux, portefeuillistes de haut-vol, ils bravent chaque jour cette ambiance à couteaux tirés.
Ils affichent des airs placides ? Imperturbables face à l’adversité, face aux insinuations et aux calomnies ?
S’il vous plaît de ne pas vous fiez à la vitrine ! Car en vrai, leurs cœurs palpitent en la mauvaise viande des martyrs. Face aux injures, les corps entiers des hommes et femmes politiques ne restent pas de bois, que ce soit des pieds jusqu’à la tête, en passant par la langue ! Hantés par la passion d’offrir une vie meilleure au commun des mortels, le brasier qui les mène termine en feu de paille.
A force de gnons et pour pallier l’extinction qui les guette, ils se réfugient dans le stupre abject.
Comprenons.
Et surtout gardons-nous de jeter l’anathème sur nos notables sous prétexte qu’ils glissent les yeux dans les coulisses. A leur place, nous ne serions pas plus fiers : au sein d’une horde de sauvages, si la vie est menacée, que faire sinon se raccrocher à sa libido ? Les queues prennent feu et les palaces de la République se transforment en back room, théâtre lubrique de caramboles indicibles. Hommes et femmes politiques en France forment une peuplade aux codes et rituels établis. Chez eux forniquer subsiste comme une norme irréfragable. Combien de fois Christine Boutin s’est-elle faite avortée les quatre pattes en l’air ? Hommes et femmes politiques revêtent des atours de propreté et de dignité tandis qu’à l’intérieur de leurs bouches aux dents si blanches et, dessous leurs vêtements d’un raffinement français typique, ils évoluent gênés par les mycoses purulentes transmises entre eux par des caresses bucco-génitales rageuses et vengeresses !
Ne les laissez pas mourir. Abandonnés de tous, nos hommes et nos femmes politiques ne font plus confiance à personne.
Ils ont un véritable besoin de se confier à vous. Souvent, ils sont maltraités, battus, torturés. Sauvez-les de cet état de douleur et de dépravation, en leur offrant une épaule. Soyez chics ! Soyez humains !
Adoptez un homme ou une femme politique. Aux chiens, ils manquent la parole, eux sont très savants, ils vous tiendront la conversation les dimanches, vous donneront leur avis sur tout.
Recueillez un animal politique et donnez-lui affection, joie et bonheur. D’une excellente compagnie, pour passer vos nerfs, certains aiment aussi user du martinet dans une ambiance ludique et conviviale. A quatre pattes, ils vous serviront de table basse ou de tabouret au design innovant.
Contrairement aux chiens ronchons, aucun besoin de les sortir matins et soirs et par tous les temps. Pas besoin de litière non plus comme pour les chats inconséquents. Ni vus, ni connus, ils feront leur besoin dans vos cabinets. Si vous les dressez bien, ils pourront même vous servir de personnel domestique. Si vous partez en vacances, vous les emmenez, sinon, ils gardent la maison contre des cambrioleurs. Il suffit de leur laisser deux trois conserves et ils s’occupent sans broncher. Adoptez un homme ou femme politique, votre amour leur redonnera de la ferveur dans leur conviction. Une main-d’œuvre peu coûteuse pour vos corvées ménagères ? Adoptez un homme ou une femme politique ! Envie d’un massage ou d’un souffre-douleur ? Adoptez un homme ou une femme politique !
Il vous attend les bras ouverts et le cœur plein d’espoir. Vous êtes intéressez ? Contactez nos nombreux refuges à proximité de chez vous, dans votre mairie, préfecture ou rendez-vous au parlement.
Votez.
Thursday, November 26, 2009
Frédéric Beigbeder
Dans la série la culture est à vendre, ça tombe bien mes amis ont de l’argent…
De nombreux observateurs littéraires attentifs, aussitôt suivis par la horde moutonnière des broute-livres salonnards que hante sans trêve l’insupportable cauchemar de ne point être à la mode, ont tacitement décidé un jour que le célèbre auteur, Frédéric Beigbeder, l’inoubliable auteur de Un Roman Français, était l’écrivain le plus doué de sa génération. Avec à l’appui, force exclamations dithyrambiques sur son univers poético-bizarre.
Que Frédéric Beigbeder soit l’écrivain le plus doué de sa génération, j’en suis personnellement convaincu. Et je ne doute pas qu’un jour la lecture de son Roman Français remisé pour le moment dans mes waters, me confortera dans cette opinion.
Mais sincèrement, est-il possible que ce soit un exploit d’être le plus doué en écriture dans cette génération débordant d’inculture, génération témoin du délitement du système d’enseignement qui fait la part belle à internet mais peu au Lagardé-Michard, système d’enseignement qui continue de mettre frileusement à l’abri du moindre effort de découverte, pour ne pas perturber l’ego des étudiants et préserver leur frêle intelligence tendre de chrysalide, à ce propos la prochaine suppression de l’histoire-géo dans les classes de terminale n’est qu’une de ces nombreuses manifestations silencieuses.
Je ne parle pas seulement des tout-petits, auxquels on enseigne, dès la maternelle, que chaussure s’écrit avec les pieds, ni les lycéens, dont l’essentiel du bagage culturel enveloppe toute l’époque littéraire allant de Pif gadget n°1 à Pif gadget n°38 et qui mettent deux l à Molière et un h à Rimbaud, sordides crétins boutonneux, radieux d’insuffisance.
Non, je parle aussi et même surtout des étudiants en lettres, j’en connais dans mon propre quartier, il y en a plein les trottoirs où ça se vautre d’ennui en se goudronnant les poumons face à la télé blafarde d’où suinte inévitablement cette lugubre bouillie verbale de nov’ langue à la con écrite directement au balai à waters. Etudiants en lettre, les cheveux et le foie teint en vert par de précoce abus d’alcool et de fines herbes, rétifs à toute idée d’ordre et de morale, incapables d’élever le débat du fond de la poubelle dont sont issues les borborygmes qui leur servent de moyen de communication.
Voilà comment ils sont les étudiants en lettres de par chez moi : nantis, dorlotés, choyés, brossés, fringués, cirés, chouchoutés, argentés, motorisés, transportés en carrosse jusqu’au cœur des bibliothèques, pour ne pas user leur fragiles petons de jeunes ni troubler leur putain d’âme de jeunes qu’ont des problèmes de jeunes.
C’est le malaise des jeunes qui les opprime ces poussins, c’est ça, pas autre chose : c’est la faute au malaise des jeunes si, après trois années de fac et sept années de lycées ils croient toujours que Montherlant est un glacier alpin, Boris Vian un dissident soviétique et Sartre le chef-lieu de la rillette du Mans. C’est la faute au malaise de la jeunesse si tous ces mous du genou impotents précoces n’ont retenu de Jules Renard que les initiales : J.R.
Alors, bien sûr quand émergent des personnalités aussi éminentes qu’Arthur, Dany Boon, Elie Sémoun, Magloire et Vincent McDoom et bien sur Anne Roumanoff, il ne faut pas s’étonner que ces nouvelles vigies, véritables phares de la culture moderne n’ont à craindre aucune concurrence. Les places resteront les leurs tant que ces fainéants d’étudiants en lettre flanqués de leurs jeans très près du corps continueront à s’agglutiner devant la porte de mon bureau en groupes compacts dont les volutes de chanvre séchée qui s’en échappent rappellent le fumier fumant de nos campagnes.
Tandis que la culture continue de s’avilir au rythme de la calvitie d’Arthur, animateur le plus con de la télé –sic-, l’espoir subsiste : pendant ce temps-là il y a les enfants de pauvres qui sont obligé, pour ne pas faire de peine à Maman , de se planquer la nuit sous la couverture avec une pile Wonder et un vieux Larousse périmé pour s’embellir l’âme et l’esprit entre deux journées d’usine, avec l’espoir au ventre de mieux comprendre un jour pour tâcher de sortir du trou.
Ça existe j’en connais. Mais pas dans mon quartier.
Sunday, November 15, 2009
Discours pour un Goncourt
ATTENTION COMMUNICATION IMPORTANTE
Ceci est un message de l’Etat français à tous les lauréats futurs du prix Goncourt.
Eléments de langage à utiliser IMPERATIVEMENT pour tout discours d’acceptation du prix, sous peine de nullité et rétrocession de la récompense, sans préjudice des poursuites pénales pour transgression du devoir universel de réserve.
Le discours des lauréats se structurera en trois parties DE LONGUEUR EGALE.
Le texte du discours devra être SOUMIS POUR APPROBATION au Ministère de la Culture française, quinze jours ouvrables avant sa délivrance devant un public français (lundi de Pentecôte compris).
1. PARCOURS PERSONNEL
Les lauréats décriront brièvement leur expérience personnelle, de la naissance à l’âge adulte, en mettant en valeur :
- leur apprentissage de la langue française dans les écoles de la République française, en sécurité grâce aux portails de détection des objets métalliques et des brigades d’intervention en milieu scolaire français ;
- s’ils sont d’origine non-française, l’accueil de leurs parents non-français ou d’eux-mêmes, en tant que non-français, par le Ministère de la Sélection, de l’Identification et de Intégration des non-français ;
- s’ils sont d’origine française, leur satisfaction de n’avoir pas eu à fréquenter de burqas non-françaises dans la cour de récréation ;
- dans tous les cas, leur insertion sur le marché du travail français, que ce soit dans la fonction publique française, dans le petit commerce français ou dans une grande entreprise française.
2. REMERCIEMENTS AUX AUTORITES
Il convient dans cette partie de respecter scrupuleusement l’ordre protocolaire :
- Je sais gré au Président de la République française, librement élu par X % des Français, de maintenir en France l’ordre et le silence nécessaire à ma concentration devant le clavier ;
- Je sais gré au Premier Ministre de la République française de maintenir la croissance française à un niveau optimal, permettant aux ménages français moyens de dégager le surplus nécessaire à l’achat de mon livre ;
- Je sais gré aux autorités françaises et aux distingués responsables ici présents [à adapter en fonction des circonstances : Excellences, Professeurs, Chevaliers des Arts et des Lettres, etc. Une liste des titres et appellations officielles est disponible sur demande auprès du Ministère de la Culture française]
3. CONSIDERATIONS D’ORDRE LITTERAIRE ET CULTUREL
Les candidats mettront en valeur leur insertion dans une longue tradition artistique française en insistant particulièrement sur les points suivants :
- la langue française est une très grande langue, grâce à l’action décomplexée des dirigeants français, de François Ier à Jacques Toubon ;
- tous les Français et aspirants doivent être fiers de posséder un patrimoine national littéraire comptant des écrivains universels tels que Victor Hugo, Valéry Giscard d’Estaing et BHL ;
- mon oeuvre s’attache à mettre en valeur l’action des pouvoirs publics français et son impact positif sur la vie quotidienne des Français, à travers des dialogues [caractériser ici le style des dialogues] et des descriptions [caractériser ici le style des descriptions]
" La légion d’honneur, c’est comme les hémorroïdes, aujourd’hui n’importe quel cul peut l’avoir."
Friday, November 13, 2009
Xavière
Hier soir après la légitime satisfaction que procure un plat de penne à la carbonara, évidemment cuisiné par mes soins avec les produits italiens les plus fins que me livrent de drôles d’italiennes à la choucroute plus que garnie, je me décidais à gouter au repos des justes et de livrer mon cerveau, ou à tout le moins le peu d’espace encore disponible, aux divers marchands de poudre à lessiver et de discrets artifices pour femmes jeunes et moins jeunes n’ayant pas encore atteint la ménopause. D’ailleurs à ce propos je tiens à signifier ma totale désapprobation quant à ces réclames dont le contenu purement racoleur polluent les ondes avant les reposants épisodes du jovial et débonnaire inspecteur Barnaby voire encore Maman a trouvé un amant qui sort de prison et qui refuse de se faire vacciner contre la grippe A, je disais donc ces publicités qui usent de ficelle –c’est le cas de le dire- éculées pour inciter nos compagnes à la consommation de litière de poche.
Devant ladite télé, je découvre le visage, que d’aucuns qualifieraient de laid –voire carrément désobligeant pour l’œil- de la juge d’instruction qui a renvoyé Jacques Chirac en correctionnelle.
Xavière Siméoni.
A première vue, elle me rappelle un peu une autre Xavière, promise à la postérité et au Lagardé Michard pour son démonstration tout en nuance et légèreté de la langue française, qui fait d’elle et son rapport à €200,000 une référence pour tous les candidats à loft story.
Mme Siméoni à ce physique facile de la femme qui a réussi dans la vie grâce à son cerveau, et rien d’autre. C’est un de ces visages qui ne vous donne pas envie de le mettre dans n’importe quel cadre sur le mur. Connaissant les limites de la chirurgie plastique, le mieux qui puisse lui arrivé c’est un accident de voiture.
Mais au-delà de cette indigence physique, je déplore que cette petite et malsaine boule d’humeur visqueuse profite d’un dossier vieux comme le monde –mais surtout qui se révèle vide après ces trop nombreuses années de procédure- pour s’épancher de ses frustrations et se libérer de sa situation de ratée chronique et répandre une bile jaunâtre de teckel nain à poil dur qui croise sur le trottoir un bouledogue vigoureusement harnaché à son maître.
Je déplore ce renvoi en correctionnelle, je déplore cette flaque de vomi froid dont nous abonde désormais le chétif et minable Eric Alphen, pour signifier le contentement jouissif qu’il retire de ce renvoi. Juge Alphen qui s’est essayé à la vie politique et ensuite à l’âpre et très prenant métier d’acrivain : les laborieuses batailles électorales et les succès d’estime de ses romans le forçèrent à revenir à la magistrature. Looser.
L’homme de justice que je suis déplore cet acharnement judiciaire dont est manifestement victime cet homme brillant, fin et cultivé qu’est Jacques Chirac, mais le pénaliste qui sommeille en moi, jubile à la tenue prochaine de ce procès.
Qu’on nous apporte ces dossiers et ces preuves irréfutables, que Jacques Chirac puisse enfin laver cet affront et qu’il puisse enfin recevoir son prix Nobel de la paix. Prix Nobel qui lui a encore injustement échappé cette année parce qu’il n’était pas noir.
Avant de jeter la première pierre, j’aimerais que cette chienne de garde à sous – pull en lycra fasse l’inventaire de toutes les fournitures qu’elle a passé à gauche, qu’elle nous détaille les coups de téléphones qu’elle a passé à sa famille restée en Corse et qu’elle n’a évidemment pas remboursé ?
Mais au-delà de cette mesquine comptabilité, je souhaite qu’il y ait procès. Je souhaite que l’on déconstruise votre argumentaire. Il vous a fallu près de 10 ans d’enquête pour en arriver là : de 500 emplois supposés fictifs, on en retient plus que treize. Treize pour lesquels je vous souhaite bien du plaisir à essayer de démontrer le caractère frauduleux.
Je ne voudrais pas être trop dur avec Mme Siméoni mais depuis quand les corses sont juge d’instruction ? J’ai vérifié sur la fiche wikipédia et aucune mention n’est faite à ce sujet : ladite fiche explique que le corse est tour à tour gardien de chèvre et/ou terroriste, mais avant tout un chômeur. La femme corse est connue pour son fromage, toujours de chèvre, dont elle porte en permanence la délicate fragrance et le bouc.
Point de mention de juge d’instruction.
Wednesday, November 4, 2009
IDENTITE NATIONALE avec du poil sous les bras!!
Haineusement destiné à ceux qui font du neuf avec du vieux, le présent essai est une éclaboussure en forme de gerbe que je dépose avec humilité sur la tombe improbable de Mr Besson. Avec un peu d’avance.
Le "débat sur l'identité nationale" ?
La seule véritable "identité" en France et partout ailleurs en Europe, est que nous sommes dans des pays des vieux. Où les gouvernements font une politique de vieux à destination des vieux, et être "vieux" en France en 2009 n'est nullement une question d'âge. Entendre des jeunes filles de 20 ans, sur la chaine du temps de cerveau disponible, ânonner un "discours" de franchouillarde recroquevillée sur des "valeurs" de papy qui mouille ses couches chaque fois qu'il voit un drapeau tricolore est une véritable défaite de la pensée. La connerie et l'éducation familiale n'excusent pas tout, et d'ailleurs au bout d'un moment, il faut arrêter de chercher des excuses à tout le monde.
Dans ce pays de vieux dominé par des vieux qui ne pensent qu'aux vieux, nulle classe sociale ni nulle tranche d'âge n'est épargnée. Avoir 18 ans et se contenter d'être un gland consumériste sans la moindre idée sur quoi que ce soit et qui se vante de ne jamais lire un livre est également une victoire de la gérontocratie aux commandes, ne nous y trompons pas.
Les djeun'z sont bêtes comme leurs pieds et ça serait la faute du laxisme de la gauche post soixante huitarde ?
Mon cul.
Notre société, qui nous propose tous les soirs les Experts ou encore Maman veut se faire tirer mais est trop gourde ou moche, voire les deux à la fois, pour se trouver un gars qui reste plus longtemps que ne dure son éjaculation, fabrique à la chaîne des crétins dépolitisés avachis devant TF1 et M6 et dont le seul horizon est de se demander si quelqu'un veut devenir leur 1259ème friend sur Facebook.
L’identité nationale n’est ni de gauche, ni de droite...un peu comme la raie qu’on essaie de nous ouvrir toujours plus large. L’identité nationale est aussi fragile qu’une tronche qui éclate contre une matraque de CRS. L’identité nationale en 2009 c’est se recroqueviller pour ne pas prendre trop cher, l’œil rougi et humide sur le chômage de masse et l’autre sur le compte en banque famélique.
Friday, October 30, 2009
Archibald n'a qu'à bien se tenir!!!
Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers. Aucune allusion ici à l’éjaculation précoce.
Un ami –cher- va quitter sa terre d’adoption depuis trois ans, théâtre de turpitudes que même le marquis de Sade se refusa à pratiquer.
Il revient cet ami dont la réputation n’est plus à faire dans le microcosme de la nuit parisienne, où on le surnomme le Harpon, référence assez lourde, si je puis m’exprimer ainsi, à une spécificité anatomique : on subodore d’ailleurs, qu’à la suite d’une rencontre avec Thierry Henry dans les vespasiennes du Queen, ce dernier aurait déclaré n’être plus digne de se faire appeler l’Anaconda. Dont acte.
Sur l’ile sa petite garçonnière, opportunément situé près de la mer, afin et je le cite, de taquiner la moule et la morue, a une réputation qui va au-delà des frontières de cette luxuriante bourgade au milieu de nulle part.
D’ailleurs le vendredi soir, ne disait-il pas en sortant le cœur léger et le harpon sous le bras, les thons ça aiment l’eau, l’ile n’en manquera jamais. L’amateur de belles lettres que je suis fut particulièrement choqué lorsqu’à la question que mange-t-on ce soir, il me répondait hilare, du boudin fourré.
Ami évidemment qui restera anonyme afin de ne point fragiliser les frileuses conversations qu’il entretient en ce moment avec le cabinet du ministre de l’économie, quant au rapatriement de la fortune parcomonieusement épargné durant des années de dur labeur caractérisées par une vie de privation et de frugalité. C’est assez logiquement qu'en amateur de coffre-fort, il eut d’abord caressé l’espoir de se porter boat people sur le Lac Léman, afin d'assouvir, je le cite encore, ses penchants pour les grosses meules, mais aussi de la bonne miche, hélas lorsqu’il a appris que son patronyme familial se trouvait sur la liste des 3000, plus connue dans le milieu fiscal comme la liste de ceux qui vont se faire ouvrir grave, il a alors renoncé à son vil dessein.
Il revient, et je le cite encore, pour participer à l’effort national et relever le pays le pays du marasme économico-bolchévico-socialo-germanoprato socialiste qui le ronge.
Il avait habitude de dire les lendemains de cuite, lorsqu’au petit matin, nous pataugions dans sa piscine et qu’il m’expliquait que ce qu’il aime par-dessus tout, c'est la bonne grosse démocratie avec du poil sous les bras, cette légitime aspiration des peuples à ne pas être que la variable d'ajustement des riches et des puissants, mais à exister, à vivre, à revendiquer et à beugler leur rage, leur frustration, leur profond sentiment d'injustice, surtout quand on leur intime l'ordre de bien vouloir subir en silence, en fermant cette grande gueule prolétaire qui écorche les petites oreilles fragiles et sensibles de ceux qui excellent à ramper sur les moelleuses moquettes de la République cent fois bafouée, cent fois reniée, cent fois utilisée, le caviar au bord des lèvres, pour justifier l'écrasement des plus pauvres, des plus petits d'entre nous.
Il disait encore : parfois, on nous demande fort civilement notre avis, juste histoire de vernir leurs grosses saloperies sous une fine couche de légitimité et de renoncement. C'est, le plus souvent, pour un choix qui n'en est pas un : alors, tu préfères quoi, petit peuple ignare, la droite sévèrement burnée ou la gauche rose pâle, sachant que la différence tient à la qualité du lubrifiant dont on se servira par la suite pour singulièrement élargir ton petit point de vue trop étroit pour appréhender la magnificence de cet ordre nouveau qui se fera malgré toi, sur toi et surtout, sans toi ?
Ou alors on nous bourre le mou (et un peu les urnes, en passant) avec un choix tout pourri à une seule alternative : Ton Europe, tu la veux méchamment libérale ou totalement et libéralement débridée ? Prière de ne répondre que oui.
Ceux qui le connaissent auront à cœur de se souvenir que ces fulgurances sociales, étaient entrecoupées de considérations particulièrement salaces et graveleuses pendant lesquelles il dressait un étrange parallèle entre l’abondance mammaire et son taux d’alcoolémie.
Peu importe les raisons, et je sais qu’elles sont excellentes, je suis content que tu reviennes par ici.
La bécot ma poule.
Tuesday, October 6, 2009
Nabot Vert
Je ne sais pas pour vous mais il m’insupporte de plus en plus.
Qui m’interrogerez vous de vos yeux qui rappelle la tête de veau guettant la sauce ravigote ?
Pour être honnête avec vous, quand je vois sa frimousse dodelinant à la télévision, je vous avoue que rien ne me ferait plus plaisir que de voir débouler sur ledit plateau Claude Allègre qui lui ouvrirait le cul avec une clé de douze, préalablement chauffé à blanc.
Nicolas Hulot. Ce gentil écologiste à la crinière façon compost.
Comment peut-on attribuer une once de crédit à ce Brice Lalonde des jours nouveaux. S’il a soigneusement évité les costumes en pur crapouillot, si chère à Brice, il n’en a pas moins gardé la jachère de son intellect.
Je souhaite à cette tête de yougoslave mal défraichie d’aller se faire voir chez brigitte bardot et qu’ensemble ils s’éteignent sans bruit, à la manière des bébés phoques chirurgicalement occis sous les coup de machettes de paisible pêcheurs scandinaves.
Foutu pour foutu qu’il nous laisse pêcher le thon et le cabillaud à la grenade sur de gros hors bord que même les pirates de Somalie nous envieraient : ensuite on ferait de grand feu de camp avec des pneus récupérés chez Continental. On terminerait la nuit par des orgies de cassoulet et de choux farcis avant de nous répandre en résidu carbone fleurant bon l’auvergne et le Languedoc.
C’est vrai que ça ne serait pas raisonnable mais va falloir nous laisser vivre tranquille, parce que quand ce monsieur traversait la terre en hélicoptère pour produire son émission maraichère, on l’entendait beaucoup moins sur la réduction de l’emploi du kérosène.
Sunday, September 27, 2009
Point de Vue / Image du Monde
Giscard a menti.
La belle affaire.
Qui n’a pas dans un moment d’ennui estival, feuilleté un Voici ou un Gala dans le salace espoir d’apercevoir l’arrogante et turgescente protubérance mammaire de Claire Chazal ou de toute autre fille de mœurs légère échappée du studio de Secret Story, dont la plastique avantageusement proportionné à la faveur de quelques scalpels nous rappelle ce que les efforts conjoints de l’aéronautique et du BTP peuvent produire?
Giscard c’est pareil, il a feuilleté ses collections 1970 et 1980 de Point de Vue/ Image du Monde dans lesquels on relatait avec force détails les avilissements et génuflexions fort peu protocolaires de Diana et du royal palefrenier qui partageait avec Chirac un gout pour les croupes de toutes sortes.
Alors il s’y est cru, le bougre.
Je le comprends bien moi VGE, seul dans son bureau, dont les senteurs de bois précieux et de myrte lui rappellent les parties de chasse effrénées avec son pote Jean-Bedel, parties de chasse pendant lesquels le jeune et élancé éphèbe qu’il était, ne dédaignait pas achever ses proies à coup de trique.
La souillon pensait-il alors, tout enivré de ces réminiscences., les joues rougis de concupiscence mal dissimulée sous ses habits du dimanche.
Diana d’un côté, belle, distinguée, blonde, peu farouche, bref franchement bonnasse et peu économe de ses charmes, forniquant avec ce que l’Angleterre compte de joueurs de rugby, tennis voire professeur de gymnastique, en fait que des prix Nobels.
Giscard, dans son salon Louis XIV, l'épagneul arthritique au pied, Anne-Aymone aussi suçant des friandises à l’anis à la manière d'une France Gall, ingénue chanteuse de la période yéyé précocément disparue de nos radios par faute de succès essentiel pourtant dans le métier de chanteuse de variété, l’usure casanière où la routine alourdit les élans familiers en érodant à cœur les envies conjugales.
Comment lutter ?
Il se voyait bien en Empereur.
Jules César, pénétrant Alexandrie.
Peut-être Caligula et elle serait Drusilla.
Non il serait Napoléon.
Il débarquerait bientôt sur le champ de bataille. La perfide Albion ne se méfiera même pas, elle a déjà rendue les armes. Prêtes à subir les derniers assauts.
Sa couche, son Waterloo.
Mais il est plus malin que Bonaparte.
Lui, il jouit à la fin.
Thursday, September 24, 2009
Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme
Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"
Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m'approche d'une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n'a aucun souci à discuter avec cette "France profonde". Il m'avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l'organisation l'a appelé pour savoir si j'étais bien son... chauffeur.
Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l'endroit, la population, les préjugés sont poisseux.
J'en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n'hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu'"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"
Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c'est toujours "M. Kessous". Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, "M. Kessous", ça passe mieux : on n'imagine pas que le reporter est "rebeu". Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m'avait avoué, en souriant : "Je croyais que vous étiez de notre communauté."
J'ai dû amputer une partie de mon identité, j'ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c'est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s'est si souvent produit...
A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l'île de la Barthelasse, près d'Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s'est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l'enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J'aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.
On pensait que le meurtrier s'était enfui de l'hôpital psychiatrique de l'endroit : j'appelle la direction, j'ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde..." Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J'ai alors cru que cette directrice allait s'évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d'identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu'on vous faxe l'état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir... trouvé le suspect.
Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d'embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l'alibi d'un titre "donneur de leçons". L'Arabe de service, comme je l'ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d'extrême droite pestent contre "l'immonde" quotidien de référence qui a recruté un "bougnoule " pour parler des cités.
Et pourtant, s'ils savaient à quel point la banlieue m'était étrangère. J'ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d'Algérie, ma mère avait eu l'intuition qu'il fallait vivre au centre-ville et non pas à l'extérieur pour espérer s'en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j'ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j'ai vécu l'enfer ! "Retourne dans ton pays", "T'es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.
Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"
A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l'huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.
Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m'appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je crois qu'elle n'a pas dû faire attention à mon silence. Je n'ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu'elle me dirait que l'appartement avait déjà été pris. C'est arrivé si souvent. Je n'ai pas le choix. J'hésite, je bégaye : "Euhhhhh... Mus... Mustapha."
Au départ, je me rendais seul dans les agences immobilières. Et pour moi - comme par hasard - il n'y avait pas grand-chose de disponible. Quand des propriétaires me donnent un rendez-vous pour visiter leur appartement, quelle surprise en voyant "M. Kessous" ! Certains m'ont à peine fait visiter les lieux, arguant qu'ils étaient soudainement pressés. J'ai demandé de l'aide à une amie, une grande et belle blonde. Claire se présente comme ma compagne depuis cet été et fait les visites avec moi : nous racontons que nous allons prendre l'appartement à deux. Visiblement, ça rassure.
En tout cas plus que ces vigiles qui se sentent obligés de me suivre dès que je pose un pied dans une boutique ou que ce vendeur d'une grande marque qui ne m'a pas ouvert la porte du magasin. A Marseille, avec deux amis (un Blanc et un Arabe) - producteurs du groupe de rap IAM -, un employé d'un restaurant a refusé de nous servir...
La nuit, l'exclusion est encore plus humiliante et enrageante, surtout quand ce sont des Noirs et des Arabes qui vous refoulent à l'entrée d'une boîte ou d'un bar. Il y a quatre mois, j'ai voulu amener ma soeur fêter ses 40 ans dans un lieu parisien "tendance". Le videur nous a interdit l'entrée : "Je te connais pas !" Il aurait pourtant pu se souvenir de ma tête : j'étais déjà venu plusieurs fois ces dernières semaines, mais avec Dida Diafat, un acteur - dont je faisais le portrait pour Le Monde - et son ami, le chanteur Pascal Obispo.
Fin 2003, je porte plainte contre une discothèque lyonnaise pour discrimination. Je me présente avec une amie, une "Française". Le portier nous assène le rituel "Désolé, y a trop de monde." Deux minutes plus tard, un groupe de quinze personnes - que des Blancs - entre. Je veux des explications. "Dégage !", m'expédie le videur. La plainte sera classée sans suite. J'appellerai Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, qui me racontera qu'il n'y avait pas assez d'"éléments suffisants".
Que dire des taxis qui après minuit passent sans s'arrêter ? Que dire de la police ? Combien de fois m'a-t-elle contrôlé - y compris avec ma mère, qui a plus de 60 ans -, plaqué contre le capot de la voiture en plein centre-ville, fouillé jusque dans les chaussettes, ceinturé lors d'une vente aux enchères, menotté à une manifestation ? Je ne compte plus les fois où des agents ont exigé mes papiers, mais pas ceux de la fille qui m'accompagnait : elle était blonde.
En 2004, une nuit à Lyon avec une amie, deux policiers nous croisent : "T'as vu le cul qu'elle a !", lance l'un d'eux. "C'est quoi votre problème ?" rétorqué-je. Un des agents sort sa matraque et me dit en la caressant : "Il veut quoi le garçon ?" Le lendemain, j'en ai parlé avec Yves Guillot, le préfet délégué à la police : il m'a demandé si j'avais noté la plaque de leur voiture. Non...
En 2007, la brigade anticriminalité, la BAC, m'arrête sur les quais du Rhône à Lyon : j'étais sur un Vélo'v. On me demande si j'ai le ticket, si je ne l'ai pas volé. L'autre jour, je me gare en scooter sur le trottoir devant Le Monde. Je vois débouler une voiture, phares allumés : des policiers, mains sur leurs armes, m'arrêtent. Je leur dis que je travaille là. Troublés, ils me demandent ma carte de presse, mais pas mon permis.
Des histoires comme celles-là, j'en aurais tant d'autres à raconter. On dit de moi que je suis d'origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un "beurgeois", un enfant issu de l'immigration... Mais jamais un Français, Français tout court.
Tuesday, September 22, 2009
Hymne à l’amour
Je suis un peu comme des millions d’anglais, je me réveille aujourd’hui comme on sort d’une doucereuse torpeur dominicale consécutive à une nuit bien arrosé qui naturellement se termine par une orgie orgasmique que seules les étudiantes en échanges linguistiques d’origine suédoises ou texanes justes pubères savent prodiguer à la suite d’absorption de dérivé non homologué par le ministère de la santé de la feuilles de coca, à moins que ce ne soit une décoction à base de GVH. Oui je suis assez dubitatif à l’évocation des relations tumultueuses d’un ancien président de la république et une princesse que l’on ne devinât pas gérontophile.
Ma première réaction était tout naturellement : «elle n’a pas fini de nous faire chier cette princesse de galles ». En ça je n’ai pas changé d’un iota ma ligne de conduite déjà exprimée lorsque cette même princesse, un soir d’été, s’était prise d’une irrépressible envie de décorer le tunnel du pont de l’alma en se livrant au body painting avec son amant de l’époque, héritier d’un obscur créateur de galeries marchandes outre Manche.
Je disais donc que je suis surpris que Diana, la princesse des pauvres qui a pris un soin particulier à ne pas le rester, se soit enticher d’un grabataire flamboyant à la diction incertaine et qui nous rappelle à tous que parfois il est nécessaire de limiter la mobilité des personnes trop âgées pour exprimer clairement s’ils prendront du pudding avec leur bout de mou.
Si la stupéfaction à d’abord pris le dessus, la logique de cet idylle exotique peu à peu s’imposa à moi.
Je m’explique.
Observons d’un peu plus près la femme avec laquelle Giscard s’est marié, Anne-Aymone Marie Josèphe Christiane Sauvage de Brantes : il est évident que cette patronymie chargée ne la prédispose pas à la pratique de la cravate de notaire ni de la flûte enchantée d’ailleurs.
Anne-Aymone, c’est la détresse bien mise de la vieille fille du 16ème Arrondissement, au cul déshérité n’ayant su que s’asseoir. Une histoire ratée, sans aucun rebondissement, comme sa plastique d’ailleurs.
Diana c’est la turpitude princière, c’est gorge profonde, pour paraphraser un ami philosophe une fois bourré, elle sent le foutre et le drakkar noir.
Seul point commun entre ses deux dames, l’humanitaire. Et ça s’arrête là.
Ce qui a fini de me convaincre de la véracité des salacités entre la goitreuse de galles et VGE, ce sont les diamants de Bokassa. Les diamants que Jean-Bedel a remis à Valéry ont servi à amadouer la libidineuse de Buckingham Palace. VGE et Diana, enfin l’affaire des diamants élucidés.
Les colifichets du ridicule empereur centrafricain, prématurément décédé dans un dénuement qui prête désormais à sourire quand on se souvient de ce qu’il faisait avec ses valises de cash et de diamants, ont permis à VGE d’attirer la choucroutée anglaise et assouvir avec elles les fantasmes qu’une morale trop stricte et une obscurantiste pudibonderie l’empêchaient de pratiquer avec sa chaste épouse qui ne daignait s’abandonner aux voluptés charnelles que dans l’unique but de la procréation.
Tout est clair aujourd’hui, dans Le Passage, précédent roman de Valéry, injustement ostracisé et agoni d’insultes par les critiques littéraires de l’époque au motif discutable que la mièvrerie du propos était plus proche à servir de synopsis pour un épisode des Feux de L’Amour, diffusé en matinée sur les chaines hertziennes au moment où la France qui se lève tôt, se suicide au bureau à l’aide d’un taille crayon métallique rouillé et les agents des services publics entament une tombola pour savoir lequel d’entre eux sera de permanence et pourra ainsi permettre à ses collègues de se perfectionner dans le maniement de l’outil informatique -le solitaire- : dans ce roman, VGE s’imaginait en sémillant notaire de province troussant une jeune auto-stoppeuse écervelée partie en séjour linguistique, Diana déjà , qui a su perfectionner sa technique, à n’en pas douter, du bout des lèvres.
Sunday, September 6, 2009
Allez les rouches!!!
Que les mauvaises langues se rassurent, la Belgique n’ira pas disputer le titre de meilleure équipe sur gazon l’été prochain. Dans notre cas, il n’y a jamais eu aucun suspense : les bookmakers ne s’y sont pas trompés en nous retirant de la grille des paris depuis Mexico 1984.
Nous avons pris un magistral 5-0.
Humiliant, quand on pense que même le Luxembourg qui pourtant n’a pas su ou voulu, appliquer les mêmes recettes gagnantes du blanchiment d’argent à la chose sportive, a réussi à s’en sortir avec un match nul.
Au-delà de la douleur légitime que cette cuisante défaite inflige au cœur et au cul, nous pouvons nous consoler en pensant que les Français n’iront pas non plus.
Ce n’est pas du mauvais esprit plutôt un viatique non négligeable de savoir que Thierry Relou ne pourra nous gratifier de ses bons mots, fins comme des miettes dans un slip, digne d’une fin de banquet arrosé d’un mauvais vin de pays.
A défaut de ne pas être les meilleurs aux acrobaties sur pelouse ni au concours non moins gratifiant de défilé de survêtement pour nuque longue sur fond d’écran sponsorisé, on se contentera de la joie de savoir nos meilleurs ennemis en congé en même temps que nous.