Dans un récent sondage, les Français, dont le Général de Gaulle disait déjà d'eux qu'ils avaient une mémoire de moineau, viennent de confirmer les assertions de l'illustre qui avait compris.
Que le peuple des Gaule plébiscite un ancien chef de l'état, n'est que chose normale...que les résultats dudit sondage ressemble plus à un score du dernier scrutin électoral Algérien frise au ridicule.
Mon propre chiraquisme primaire s'en trouve conforté, et je devrais sabrer une des bouteilles de Dom Pérignon que je garde jalousement pour l'annonce de sa prochaine nomination au Nobel de la Paix (tout autre Nobel fera l'affaire, que ce soit bien clair)...
Là où l'instinct me pousse à la jubilation, la raison m'empêche de savourer pleinement l'instant.
Que Jacques soit populaire aujourd'hui ne doit pas faire oublier les faits suivants:
Je me souviens d'Ouvea ;
Je me souviens de l'arnaque de la fracture sociale ;
Je me souviens de l'UDR ; et je me souviens qu’il a le premier enterré le gaullisme par cynisme et calcul électoral ;
Je me souviens de la libération des otages du Liban entre les deux tours de 1988 ;
Je me souviens de Malik Oussekine ;
Je me souviens du projet Devaquet et des manifs qui avaient fait plier Monory ;
Je me souviens d'une complaisance sans limites avec la Chine ;
Je me souviens d'un anniversaire entre amis avec Poutine ;
Je me souviens d'en avoir eu assez;
Je me souviens des huit semaines de grève contre la réforme Fillon sur les retraites ;
Je me souviens (presque) qu'en 81 il a vote (contre son camp) pour l'abolition de la peine de mort.
Je me souviens de Pasqua place Beauvau ; Je me souviens de Debré place Beauvau ; je me souviens de Toubon à la justice, je me souviens de Léotard, je me souviens du fraichement condamne Donnedieu de Vabres à la Culture, je me souviens du CPE, je me souviens de Philippe Séguin, je me souviens d’Henri Guaino, je me souviens des baisses d’impôt, je me souviens du juge Eric Halphen, je me souviens de l’affaire Schuller Maréchal, je me souviens des HLM de Paris, je me souviens de Jean-Claude Méry ; je me souviens des billets de vacances payés en cash ; je me souviens des alliances avec l’extrême droite pour empêcher MAM de prendre la tête du RPR, je me souviens que toutes les affaires « abracadabrantesques » dans lesquelles il fut impliqué, ont fait « pschitt »;
Je me souviens de Toubon envoyant en urgence un hélicoptère dans l'Himalaya pour chercher le procureur Davenas – et faire arrêter les poursuites contre Xavière Tiberi;
Je me souviens du « les droits de l'Homme ne sont pas une priorité en Afrique », dans un discours de 1986;
Je me souviens de la discrète alliance stratégique de Jacques avec le nouveau maître de l'Élysée, en 2007, quand la menace d'une reprise des informations judiciaires se faisait de nouveau sentir;
Je me souviens de la droite dure, les officines, ses acolytes P. Juillet et M.F. Garaud, dans tous les mauvais coups tous les naufrages;
Je me souviens aussi du roi du clientélisme :
Enfin je me souviens de sa photo avec casque de walkman sur les oreilles « savourant un disque de Madonna ». Ca valait bien la Rolex de Séguéla ! Tout le monde a failli y croire;
Je me souviens de « super menteur »;
Je me souviens de sa marionnette, hilare, après le second tour des législatives de 2002.
Je me souviens qu'il a « assassiné » Chaban-Delmas, Giscard et Balladur et tant d'autres;
Je me souviens d'une bête politique qui a la rancune tenace;
Je me souviens qu'il a refusé de débattre avec Le Pen entre les deux tours et que ça n'avait rien de glorieux;
Je me souviens qu'il avait l'air sympa, plus sympa que Sarkozy;
Je me souviens que ça ne suffit pas « d'être sympa » pour être un grand président;
Je me souviens du falot Raffarin mais je me souviens aussi du psychorigide Juppé;
Je me souviens que sa femme était une sacrée réac;
Je me souviens d'un piètre tribun qui savait dire une chose et son contraire dans une même phrase;
Je me souviens de la dissolution de l'Assemblée Nationale;
Je me souviens du « Mais… qu'est ce que l'on appelle le mulot ? » qui en plus de m'avoir bien fait rire, m'avait montré le décalage entre nos dirigeants et le monde réel…
Je me souviens de « L'Afrique n'est pas mûre pour la démocratie ».
En plein vent de démocratie au début des années 90, casser cet élan et cette aspiration des peuples en réconfortant les dictateurs-ami;
Je me souviens quand même que « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Si au delà de la posture, il y avait eu plus d'action;
Je me souviens d'images jaunies de poignées de main avec Kadhafi et Saddam Hussein ;
Je me souviens du « bruit et des odeurs ».
Et je me demande quand les Français cesseront de rêver du papy d'hier à défaut de trouver des raisons d'espérer pour demain.
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