La salve peu amicale subit à la suite de mon précédent message, me fit penser que moi aussi j'avais besoin des excuses de Ségolène.
Il serait tellement facile d'avoir une Ségolène pour s'excuser de mes dérapages verbaux, pour calmer l'ire causée par ma langue fourchue.
En y repensant tranquillement cet après-midi en face de ma collègue qui fait se vérifier le célèbre dicton qui dit que le soleil brille aussi sur le cul des chiens, je me suis mis à penser que Ségolène avait malgré elle lancé une mode ma foi fort utile.
La mode de la lapidation est un peu tombé en désuétude depuis qu'Hitler et sa bande de joyeux gaillards ont un peu abusé de cette facile ficelle pour charger le peuple élu lors de la dernière guerre.
A la suite d'une discussion de vendredi soir avec des personnes dont je me dois de garantir l'anonymat, il m'est venu à l'esprit un sujet sur le lequel Ségolène devrait s'excuser dans les plus brefs délais.
Une boucherie.
On l'achète, parce que ce n'est pas très cher, et en plus les couleurs vives attirent l'œil -salop de département marketing qui a su trouver la faille-, on se dit en plus qu'avec un paquet de 10 jetables à raison de 6 à 7 utilisations pour chacune, on en a pour une bonne année de rasage.
Tu parles, Charles!
Prenons les expériences des uns et des autres pour illustrer pourquoi il faut arrêter la tuerie.
L'étudiant type d'une école d'ingénieur dans le sud de la France, du côté de Toulouse, n'ayant pas la pilosité fort développée se munit de l'instrument multi lame, prétendument avec bande lubrifiante et nec plus ultra, une tête pivotante.
Notre étudiant donc, dans le confort de sa chambre de la Cité U, ayant prévu de se livrer au simulacre de la reproduction avec sa voisine de pallier, dans un acte de philanthropie caractéristique des jeunes qui ne veulent pas tirer parterre une fois la nuit tombée et que l’on regrette amèrement d’avoir inviter cette idiote au flunch à la soirée moule à volonté, décide de se raser.
Il se saisit de son manche - de rasoir, messieurs, ne vous égarez pas- après s'être enduit de mousse à raser (ou de mousse savonneuse si les fins de mois sont un peu rudes) et commence à se dépoiler consciensieument.
Il rince.
Enfer.
En un instant il vient de retrouver sa peau d'adolescent pré-pubère avec crevasses, fissures, coupures, lézardes et cicatrices disgracieuses, et comble de malheur, quelques poils subsistent sur le Waterloo de son visage.
Oui les rasoirs oranges, ne rasent pas mais labourent le visage. Une chose est sure c'est qu'ils vous font l'économie d'une séance en institut de beauté: après un tel traitement, on ne peut que laisser la peau du visage en jachère.
Au repos pour longtemps.
Je ne mentionne pas ici les désagréments post-rasage, après avoir passé un jour ou deux de démangeaisons à cause du crin qui repousse, il y aussi les poils qui repoussent sous la peau et nous offre, comble du chic adolescent, ces petits boutons déplaisant qu'il vous faudra attaquer à la pince épiler.
Du bonheur.
Nul besoin de préciser que notre étudiant n'entrevoit plus aucune possibilité d'arroser la prune de son amie. Le visage rougeau et les sparadraps bruns par dessus n'offre que peu de possibilité de couronner l’opération on saute sur Gilberte de succès.
Prenons maintenant une étudiante du Nord de la France, ayant pour but de rejouer, avec ce condisciple d'une grande école d'ingénieur généraliste classée par milieux économiques, cette scène de la Croisière s’amuse, lorsqu’après un diner à la table du Commandant Stubin, les jeunes amants dansent au clair de lune et se parle tendrement malgré les scampis à l’ail servis plus tôt, et concluent leur danse dans la cabine de l’un ou de l’autre.
Ayant prévu cette robe qui fera son plus bel effet, elle se doit maintenant de débroussailler afin de se présenter comme un sou neuf....
Elle se sera muni de ces choses à long manche rose et s'adonnera sous la douche à un circonspect rasage.
Elle aussi utilise une mousse à raser, après fait un usage prophylactique du Veet. Elle rince et se dit que ça pique un peu (ça doit être la mousse et le Veet, pas fait pour se mélanger se dit-elle).
Avant d'inspecter son travail, elle entreprend de rincer son beau rasoir et trouve un rien baroque qu'il y ait plus de peau que de poil sur la deuxième lame du rasoir qui vibre toujours.
Aussitôt que l'eau se soit écoulée, elle remarque que la baignoire est rouge écarlate. Elle se dit que décidément Bic commercialise des instruments d’équarrisseur et non un kit do- it-yourself d'épilation.
Résultat des courses, elle ne peut pas mettre sa robe: très peu pour la drague des jambes rugueuses et des sparadraps mickey.
Elle fera l'impasse sur le robe et annulera sa soirée romantique: une soirée pyjama molletonné entre filles ce sera tellement mieux.
Bref je suis sur que nombre d'entre vous se retrouve dans ces images qui rappellent plus les triperies en gros que les images de jeunes filles en maillot rose qui courent sur la plage et se rasent simplement en passant leurs jambes sous un filet d'eau bleu ou rose, suivant la couleur de l'accessoire de boucherie qu'on essaie de nous vendre.
Ségolène nous attendons tes excuses pour Marcel Bich.
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