Wednesday, June 3, 2009

ISRAEL MON AMOUR DE FRANCE

Chers amis, il est des sujets qu’il vaut mieux éviter d’aborder sous peine de se faire cramer en place publique. Pourtant, il s’agit souvent des sujets impérieux. La France n’est pas cette douce France promise. Elle se barre en eau d’égouts, c’est à craindre. Je le redis direct : il y a comme ça, des problèmes qu’il vaut mieux éviter d’entamer en toute indépendance sous peine de se faire cramer sur le champ. C’est affligeant, mais faut bien l’admettre. Tant de bonshommes, écrivains, politiques ou philosophes se sont fait lourder pour avoir tenu des propos non certifiés conformes.

 J’éviterai tout de go de faire défiler les noms. Je risquerais de perdre les lecteurs dés les premières lignes. Ce serait dommage. Pourtant, je me gênerai pas d’en citer quelques-uns plus tard avec toutes les bourdes qui les ont entourées à l’unanimité si bien qu’aujourd’hui, camarades, on n’est pas dans la mêlasse faute d’avoir bien voulu confier le crachoir aux bileux ou aux critiques un peu trop sur la brèche ! Bref, Docteur Verdier Jacob prend un gros courage. Il tient à préciser cependant que le texte qui suit n’est pas un brûlot, ni une étude d’universitaire, mais bien la rédaction d’un zig du quidam, ce que les gentlemen de la haute appellent le vulgaire. La brigue du Docteur, elle se veut apaisante et réconciliatrice.

 Bien conscient qu’il faut mieux éviter de contrarier les aboyeurs publics à tendance pyromanes, Verdier Jacob s’en bat la race, il s’y colle, le fou, il se met à poil devant vous et aussi devant le rouleau compresseur des pouvoirs, diabolisant à l’unisson et avec force influence ceux qui, comme lui, osent émettre des doutes sur le sérieux des tronches monopolisant le débat public. Il se dit qu’il ferait mieux de garder pour lui ses soupçons d’une France d’ores et déjà colonisée par le capitalisme. Il n’omet pas de blagouiller sur le NPA au passage. Il se demande comment la France est devenue folle dans les vingt ans qu’ont suivis l’opulence des trente glorieuses. Il se rappelle la montée lepéniste en corrélation avec le socialisme passif face à une partie de ses responsabilités, tout en sachant d’avance qu’il va faire grincer les dents. Il se dit enfin qu’on ne s’interroge pas sur les réalités du sionisme sans orage dans le ciel, sans recevoir quelques volées de bois verts en retour. Verdier sait ce qu’il risque à se jeter dans ces sujets brûlants. Mais au lieu de cultiver une vie indifférente à l’attristant barouf, il cherche à vivre ensemble sans fins, allant à l’encontre de tels humains ou de tels autres et, sans moyens brutaux pour les faire choir. Il est vrai qu’entre frères, on se passe pas du tout d’affect, ni d’affliction. Les susceptibilités sont exacerbées ? Faut pas que ça nous empêche de causer, de se comprendre et ce, malgré les affections ou les instincts belliqueux.

1.     CAPITALISME, D’UN SEVRAGE À LA FRANCAISE Besancenot, la louve du système et la saturation du progrès

J’ai tenté de piger l’approche au père Besancenot. À ce que j’entends et bouquine, le NPA vise à abolir le capitalisme, purement et simplement, qui pis est, vers l’auto-gestion ? Bigre de bougre, quel programme pimpant. À un examen judicieux de l’appareil politico-financier mondial, l’auto-gestion en réponse, ça paraît un peu chiche, même si l’intention reste gentillette. Nous les occidentaux, on est des plantes foutûment carnivores, des légumes à la gueule largement ouverte. Le pétard au profond du canap’ made in china, on en graille à fond des produits importés de tous les horizons. Faute de sortir de chez soi, on sature notre coco à base de poulet du Canada, de bœuf de Belgique, de tomates du Maroc. Quelle ingratitude de la part du Nouveau Parti Anti-Capitaliste ! Si Besancenot est un si grand minet devenu, c’est bien parce qu’il a glouglouté du lait Candia, qu’il a boulotté des crevettes d’Equateur ou des kiwis néo-zélandais. Le capitalisme est une louve nourricière, le vilipender ainsi revient à cracher sur sa mère. Comment lâcher sans tourment le sein nourricier ? Sans manque, ni substitution ? En envisageant le sevrage, la révolution prend d’autres allures. Tout facteur qu’il soit, Besancenot montre une panse bien assez assouvie pour rendre fin possible le rêve de sa politique.

 Cependant, je suis assez d’accord sur un point. À force de patience et d’espoirs enfumés, de là à empoigner la fourche populaire contre les tasers, il suffit d’un rien pour que ça déboule furax. Besancenot se proclame révolutionnaire et, français que nous sommes, la tradition revancharde se ravive avec la tentation pressante, hélas, d’aller empaler du politicailleur, du financier bégueule, de l’intellectuel crapuleusement braillard, du journaleux à manivelle.

2.     La France nous manque

Communisme qui a réussi, dit-on, l’exception française a perduré pendant un moment, aujourd’hui c’est du passé. Je veux pas me la jouer cafardeux non plus mais, à mater les films français réalisés durant les trente glorieuses, l’hexagone, il avait autrement de la gueule. J’ai échangé le bout de gras avec un vioque, il m’a assuré qu’à l’époque, quand un patron se prenait trop pour un big boss et qu’il dépassait les bornes, c’était marre. Le salarié, il réglait ça entre homme, il lui fichait une tape à lui faire tomber les arêtes. Le pitaine après, tout piteux, il avait plus que ses mirettes pochées pour y verser des larmes et, s’il allait aux flics, les poulets le rabrouaient en lui disant d’être plus correct avec ses sbires. Aujourd’hui, tu manges de la taule parce que t’as à peine déconné au volant. Aujourd’hui tu ramasses des prunes sans arrêt rien que parce que tu respires. Aujourd’hui, si un chiard expose ses parties à tous les passants et que tu oses lui balancer à la cantonade que tu vas les lui baptiser, histoire qu’il y soit plus repris à s’exhiber devant les pucelles, eh bien, tu dois raquer des centaines d’euros tout en écornant ta réputation parce que, soit disant, t’as traumatisé un mouflet débile. Aujourd’hui, on fiche des gosses en garde à vue parce qu’ils se bastonnent à la récré. Aujourd’hui, ton patron, il fait ce qui veut de ta pomme, il te rend chèvre, il te colonise le corps, l’esprit, le cœur et l’âme. Mais rends-toi compte bordel !

 3.     VINGT ANS DE NEO-COLONISATION EN FRANCE ? Du peuple à la domesticité

C’est que les années 90 sont passées par là. Je peux en parler de ces années, je me les rappelle précisément. Le capitalisme triomphant sur le monde, l’orgueil d’après la chute du mur. La guerre du Golfe. Mitterrand et sa prostate, le Pen diabolisé, Chirac au pouvoir. Maastricht. L’infiltration virulente des atlantistes aux sommets de l’État Providence. Jospin et le MEDEF. Le droit d’ingérence. La guerre du Kosovo.

 

Pendant cette décennie, on commence à entendre les intellos crachouiller sur le peuple. Les chroniqueurs spécialistes, de concert avec toute une génération de journaleux et de politiques qui montent en flèche, se mettent à prôner une gouvernance différente sous couvert d’arguments d’un simplisme imparable, en invectivant haineusement les prétendus privilèges des fonctionnaires ou en dénigrant les spécificités françaises. Ce sont les réformateurs atlantistes. Madelin fut la caricature risible. Ils insufflent progressivement une idée des orientations à suivre, des réformes à mener impérativement, indubitablement, vers où ? Pourquoi ? Nous n’avons pas à le savoir, présomptueux que nous sommes. À les entendre, il faut tout de même en finir avec les débats « franco-français », nous sommes le seul pays à la traîne, à vouloir maintenir fermement ceci, ou à continuer à faire cela, rétrogrades que nous sommes ! À nous dire ce que nous devons faire, comme ça et pas autrement, français, nous nous sentons bien un peu embobinés, nous devinons bien qu’y a de l’entourloupe dans l’air. Des millions de sourcils se froncent, le chant des politicards ne chante plus la France. Crénom, chanterait-il un monde qui n’est plus le nôtre ?

 

Peu à peu la France n’est plus un territoire, un territoire habité avec sa douceur de vivre jamais loin. Peu à peu, la France devient un espace, une étendue de production pressée, caractérisée par la productivité de ses travailleurs, employés à des intérêts inconnus, dépassant les frontières. Les réformes du pouvoir ne sont rien d’autre que la mise en marche d’une colonisation nouvelle qui est celle de nos mœurs, pour le bien de lobbies cyniques, égoïstes, peu soucieux du bien commun. C’est bien les intérêts nocifs pour les nombreux qu’il nous faut combattre. Intérêts gardés rageusement par une collusion entre finance, politique et medias. Comment fût cela, vingt dieux, possible ?

4.     La trahison des représentativités

À la fin des années 90, l’attention des atlantistes, mondialistes, occidentalistes, marquée de carambouillages généralisés, est d’ores et déjà perçue par les bons franchouillards que nous sommes. Seulement, les représentants, ils ignorent tout de la lente dégradation de nos modes de vie, ils sont trop déconnectés ou bien ils s’en battent les joyeuses. Allez, ils gazouillent de temps à autre un semblant de réprimande. Ça reste du flan de chez flan, de la rhétorique pour le fun. Pendant ce temps, d’autres dirigeants ambitieux se mettent à jouer la vie en rose de leur pipeau, tout en calculant la meilleure manière de brader la manne des acquis sociaux. Des millions de sourcils se froncent, parce que les représentants politiques sonnent creux quand on les apostrophe. Les politiques ne représentent plus que dalle, en fait. Nous les français, nous nous rendons bien compte qu’ils nous laissent mariner dans notre jus, pendant que des gouvernements de plus en plus abstraits, à l’échelle européenne ou que sais-je d’où, décident de la vie dans notre dos ! La parole politique, elle est de plus en plus incompréhensible et non moins stérile en apparence. La trahison flotte dans l’air : nous ne sommes pas bigles tout de même. Oui, à la fin de ces années-là, nous commençons déjà à le dire : y a plus de droite, y a plus de gauche, tous les prétendus responsables jouent le même manège ! Des pantins sans idée, sans conviction du tout, des assoiffés de pouvoirs qu’ils sont tous, ces politiciens bazardés dans l’arène. Et une fois qu’ils ont eu leur poste, obtenu après avoir déployé des trésors de séduction, bah, ils ronflent sur leurs lauriers et ils s’engraissent, les cons.

 

La gauche, le PS, dans ces années-là, il a fortement déconné. Le responsable la plus probable de la « surdroitisation » du pays ? La gauche, chiffe molle socialiste. Parce que, si je ne m’abuse, si y a bien un idéal à mener, c’est quand même du bord socialiste, non ? D’autant plus lorsque le mot « social », il s’apprête à devenir inconsidérément péjoratif. Bercés par un train-train sans queue ni tête, ni burne, ils gardent les œillères au moment où la France se met à souffrir sans comprendre, sans lutter, sans débattre. Attentif à la clameur populaire, ils font parfois mine de l’être mais toujours en raison de prévisions électorales.

 

5.     La montée de l’extrême droite et sa récupération triomphante

Le Pen, il le disait déjà au fil de cette décennie : les médias lui coupent la chique. Pour se faire entendre, pour retentir dans l’opinion, il était contraint de mener des coups d’éclat, peu éclatant certes : il devait faire de la provo grave. Il décriait notamment la juiverie et son passé persécuté, les maghrébins et leur odeur de mouton terroriste. Là, il assurait quelques couvertures, pendant un ou deux jours. Il se faisait remarquer, pour sûr. Les journaux prenaient un malin plaisir à citer ses incartades en criant haro sur le démon pétainiste ! Pour autant, à l’écouter intégralement d’une anse attentive, il était hélas pas si balourd, le borgne. À cette époque, ça le rend d’autant plus redoutable. Quand il se pique d’analyse sociologique, qu’il pointe les faits, il est plutôt séduisant et finaud, dans le contexte. Il méritait des réponses et des vrais arguments en retour. Pourtant, au lieu d’accepter le fond du débat, le dialogue requis, au lieu de discutailler l’analyse délicate en réfutant les excès, les socialistes ont préféré boycotter le nationaliste en bloc, le diaboliser. D’un côté, les fadaises de gauche persistent, d’un autre la droite prépare son business, tandis que dans son coin, l’extrême droite tire la sonnette d’alarme à l’adresse de tous les français sur l’augure que prend l’Europe sans frontière, l’économie mondiale. L’extrême droite ne manque pas d’accuser au passage, certes à sa manière, le véritable problème de l’immigration, problème royalement ignoré par tous les autres politicos. Problème qui aurait dû être pris en main avec soin, on s’en aperçoit aujourd’hui avec l’ascension fâcheuse de nos ministres de la race. Durant toute cette décennie, plutôt que de s’adonner aux échanges, aux combats d’idées, propres à une démocratie qui se respecte, eh bien, les gauchos ont préféré faire les sourdingues. À chaque meeting du Front National, de Courbevoie à la Place de l’Opéra, ils envoyaient leurs rejetons lycéens et étudiants, trop insouciants, scandés des slogans oiseux pour ruiner un parti politique, pourtant réellement emblématique. Refuser le droit d’exister à un parti dont l’électorat est non négligeable, c’est une offense faite à nombre de contribuables ! C’est tout bonnement inacceptable. Il n’y a pas de fumée sans feu, c’est pourquoi, on ne peut refuser sérieusement le débat à qui que ce soit. La diabolisation de Le Pen était une grave erreur.

 

La campagne présidentielle de 2002 a été une sombre débandade. Si Le Pen avait eu sa place, on aurait peut-être bien sauvé les meubles. Et le thème choisi pour remporter les suffrages aurait été autrement moins extrémiste. Remember. C’était le délire sécuritaire ! Le Pen dénonçait la « lepenisation des esprits ». Il avait raison. Jospin a eu ce qu’il méritait. Sarkosy, lui, a flairé le créneau en prenant le pouvoir en chiraquie : il s’est s’accaparé les idées les plus sordides du borgne, avec une analyse approximative. Et maintenant ? On est dans une dictature chaque jour plus virulente. Merci la gauche molle, on vous retient. La droite gagnera à nouveau les européennes à cause d’elle, sur un programme, si ce n’est inexistant au moins peu ébruité au principal concerné, c’est-à-dire, le peuple.

 

6.     OUVERTURE SUR LE DÉBAT AUTOUR DU SIONISME "blacks, blancs, beurres", mon amour

Voilà que je m’apprête à rendre hommage aux français des cultures diverses. Bien que ce soit taper méchamment dans les lieux communs, je m’y colle tout de même. Déjà, j’entends les ricanements et les critiques fusés taxant mes propos de niaiseries. M’enfin, les gens, à priori, j’ai rien contre et je le dis, sans démago. J’insiste, sans faire mon populo à balles deux. Sérieux, il m’arrive parfois de me prendre d’affection pour un flâneur de la place, pour une dame radieuse qui passe, un vieux avec des beaux traits, un marmot de couleur qui tient pas en place dans le train mais qu’est marrant, ô combien. Les noirs, les arabes, les juifs, les noiches et les autres, ici ou ailleurs, je trouve ça plutôt engageant qu’on grandisse sur le même sol, qu’on se le tienne pour dit, je vous assure ! Les connards, les dominateurs, les pingres, les haineux, les butés, ils viennent de toutes les contrées. C’est pas réservé à telle ou telle culture d’être un nullard ou un génie. En France, peut-être moins à la première génération d’immigration, mais dés la seconde, on parle tous la même langue. Je le rappelle, tout simplement : comment voir autrement la diversité dans nos frontières autrement qu’une richesse ? Toute proportion gardée, le hic, les copains, c’est quand un black me parle comme si j’étais un colon potentiel, quand un rebeu me prend pour un dangereux infidèle ou qu’un feuge me soupçonne de collabo malfaisant, enfin merde. L’ouverture des frontières, dans nos mœurs, ça a eu ça de grandiose qu’un bon nombre d’esprits du commun s’est ouvert naturellement. Je suis blanc comme un linge, bonne face de franchouillard. Aux temps de l’esclavage et aussi de Vichy, je suis pas sûr que grande partie de mes ancêtres traînaient ses basques dans le pays de mon enfance.

7.     Contre le relativisme des mémoires

La sauvagerie, je sais qu’elle existe. Il y a de quoi être horrifié par ce qu’on apprend. Les crimes qu’un groupe d’hommes inflige à un autre groupe d’hommes, il faut pas les ignorer. S’en souvenir pour éviter la récidive, entièrement d’accord. Les noirs traités comme des singes. Ça me fout en rogne, ça me donne envie de boxer un sac jusqu’en ôter la honte. Le génocide des juifs pendant la seconde guerre ? C’est à gerber copieusement. La plus dégueulasse des industries jamais connue. Les crimes qui viennent ensuite, ils me fâchent aussi très certainement. Mais dans ma mémoire, y a de culpabilité aucune. La vigilance, elle l’est, aux aguets. J’ai mal dans ma chair, comprends, je suis noir, je suis juif, je suis l’homme qu’on persécute, bordel. Il manque, le relativisme dans nos mémoires. La mémoire n’est pas un camp élevé contre un autre. La mémoire, elle est universelle. Au final, l’homme est le bourreau et la victime. La mémoire est universelle autant que la couleur du sang !

8.     Où va-t-on ?

Arrêtons, arrêtons. Qui a paradé en France avec la détermination de flinguer un Juif ? Enfin, qui a fait ça ? Y a aucun meurtre dans l’air. Alors faudrait pas nous jeter la pierre parce qu’on s’est juste permis de balancer des réserves. Si on cause, c’est avec du discernement. Faudrait pas partir du principe qu’on est des rustauds à la mords-moi-les-balloches. Quand on cherche à comprendre, qu’on se creuse les méninges avec un peu de patience, c’est pas pour autant qu’on y égare notre équanimité ou qu’on se met à bastonner à mort le gobe-mouche venu, faute de trouver les raisons. La maîtrise de soi, on est pas les dernier à la conserver. Parce qu’à cette heure, personne dans le débat public, que je sache, n’a menacé de tuer les juifs de France ou de Navarre. Deux ans avant une attaque cérébrale, en 2004, Ariel Sharon prévient pourtant : la France montre des signes inquiétants d’antisémitisme. Difficile de savoir s’il se gourre tant l’hystérie décolle. Le débat rage, passionné et surtout impigeable. Le débat, à vif, file sur la corde. Tout serré qu’il est entre les susceptibilités, les exaspérations, les alarmes.

 

Israël rayonne sur le monde. Bienvenu dans la jungle des résolutions, des revendications face à une délicate question d’héritage. De conflit en conflit, les identités explosent dans la région du Proche-Orient. Le souffle décoiffe jusqu’en Occident. L’explosion sourde, sale, échauffe les esprits. Les débats affluent et avec ça, les aminches, si vous prenez pas parti comme il faut, mieux vaut la boucler sinon gare à vos mollets. Indéfiniment, le conflit mouille le champ politique. Le conflit émousse notre paix intérieure. Le conflit lointain nous force soit à camper sur la défensive, soit à nous prostrer dans le silence de peur d’envenimer l’ambiance ou de passer pour anti-je-ne-sais-quoi. Pourquoi la question juive est-elle si brûlante en France ?

 

Gaulois, gauloises, nous n’avons rien avoir avec les conflits du Proche-Orient. Pourquoi la susceptibilité de telle communauté ferait-elle à ce point autorité dans l’hexagone ? Question fondée, je vous jure, y a qu’à suivre les actus journellement entre les remerciements et les affectations, les unanimités et les révérences.

9.     Bon à dire

La France, elle se dessinerait avec les grandes décisions venues d’hommes influents d’une époque. Le conflit israélo-palestinien demeurerait une toile de fond. Est-ce qu’être juif signifie être sioniste ? Est-ce qu’être sioniste signifie être juif ? Je dirais qu’oui, même si y a des extrêmes. Naître juif au XXIème siècle, si j’ai bien reçu le message, c’est être sioniste culturellement, espérer en et vivre pour Israël, la délivrance d’une longue errance. Ceux qui justifient les crimes d’Israël sont eux, aux extrêmes, pris d’ivresse, une génération de violence. Parmi les grands pontes de l’économie, des médias, de la finance, de la politique, toute une ribambelle se réclame d’un sionisme proche de l’actuel Israël. Mais écoute plutôt, dans un moment où le contribuable moyen, il se fait entuber à tire-larigot, le sionisme qu’on aperçoit à la télé, il provoque les soupçons et l’énervement. Parce qu’il cristalliserait bien des colères.

10.   Tristes parfums

Où qu’on ait pris racine, le patchwork des cultures est présent. L’identité a ça de complexe qu’on est tous concernés. Par tous les coins de la lorgnette, l’affolement a l’air de gagner les autochtones de la planète. Israël est un pays sans frontière, tout comme Jérusalem magnétise nos cités. Au Proche-Orient le conflit sévit, brutal, déchirant. Je ne suis pas sioniste de culture. Je me joins à l’émotion des peuples qui, athées ou religieux, sionistes ou islamiques, assistent au siège des autres habitants de notre terre promise : les palestiniens de Palestine.

 

Israël, écoute, ton territoire est vaste. Aspiration, espérance de millions d’hommes. Psychique, affectif, historique, à l’origine des traditions de nos livres révélés. Israël, qui peut nier le fait de ton existence ? Israël, tu demeures présente. Tu es le corps de ceux qui te désirent, le travail de ceux qui te façonnent. Israël, ton pays diffère tellement des autres. Car les terres que tu implores seront-elles les tiennes tant que tu engageras la force pour les conquérir ?

 

Un procédé de communication. Une illusion des images, mauvaise grâce de l’information publicitaire. Montages et prises de vues permettent de nous donner l’impression résolue qu’un stade est bondé de supporters. En fait, il est rempli qu’au dixième. J’ai bien peur qu’il en aille ainsi du sionisme rapporté par nos informations nationales. Je me joins à la peine de ceux qui voient se brouiller leur rêve : à travers des nappes de phosphore blanc, aurions-nous assisté à des événements cet hiver à Gaza ? Sur le moment, la connivence des médias, non dans la présentation des faits mais dans la partialité des analyses, elle saute à nos yeux. Ces prétendus intellectuels, parisiens de surcroît, ayant pignon sur rue, évitent soigneusement d’approfondir la sévérité des représailles. Un semestre écoulé depuis, que la mémoire paraît sélective s’ils ne reviennent pas sur les faits. Le débat public tait les voix accusatrices. L’état militaire nuit à l’Israël auquel le monde aspire.

 

Tu vois, la Terre Sainte sous le joug des autorités, Israël. L’histoire est une machine à fabriquer les illusions. L’histoire n’a plus de prise sur nous. Israël, réveille-toi, tu es privé des terres. Quand finira ton exil ? Terre d’espérance, l’ambition a chassé la raison, la guerre les prières.

  

11.   EN GUISE DE CONCLUSION Levée des tabous au lieu de boucliers

Il serait temps, que les tabous se lèvent. L’ambiance est fin pesante, ça poque le moisi dans nos régions. Entre les tarés d’intellos pyromanes qui traitent le moindre zigoto subversif de tueurs de juifs et Dieudo à l’autre extrême, tout aussi pyromane mais cramé par l’ensemble de la presse, qui stigmatise, lui, un sionisme activiste et conspirationniste sévissant dans toutes les strates du système capitaliste en crise, y a de quoi y paumer totalement son latin.

 

Rappelons tout de même que le sionisme est né et s’est répandu d’abord et avant tout en Europe et, plus largement en occident, depuis plus d’un siècle. Quoiqu’en prétende obscurément le parrain d’un des rejetons du turlupin noiraud, la seconde guerre a exterminé massivement le peuple des exilés d’Israël. D’aucuns soutiennent que le plan de partage de la Palestine en deux états indépendants, juif et arabe, par l’ONU en novembre 1947, n’a d’autres raisons qu’une volonté occidentale d’apaiser sa conscience de la lourde culpabilité du génocide perpétré sur le continent européen. Cette thèse me paraît tantinet schématique mais pourquoi pas. En tout état de cause, comment la très sainte et messianique ONU peut-elle décréter que tel état existant sera désormais partagé en deux ? Rien que la naissance de l’Israël que nous connaissons me paraît extravagante ! C’était il y a belle lurette, alors passons. L’Israël est aujourd’hui présent, territoire délimité par des frontières, de gré ou de force.

 

À s’y pencher de plus près, nous constatons que le sionisme est fils d’Occident, d’un occident moderne, c’est-à-dire laïc et séculaire. Cet Occident tout-puissant, fier et orgueilleux, inventeur du positivisme, zélateur du progrès mondial. Nous savons le glissement qui s’est opéré de la Renaissance aux Lumières et des Lumières au progressisme dévoyé, industriel et cynique. Le système capitaliste apparaît aujourd’hui dans toute sa gloire écoeurante, génératrice de précarité, de pauvreté et d’iniquité odieuse.

12.   Entre sensualité paillarde et sionisme d’extrême droite

En humant l’air, je crois profondément, pour ma part, que le peuple français n’aspire qu’à habiter son territoire dans la douceur et, je dirais même dans sa sensualité paillarde, à la bonne franquette quoi. Nous assistons désolés et impuissants au démantèlement de notre pays au profit d’une autorité abstraite qui est tout sauf attentive à cette aspiration française, dans un processus qui semble bien peu soucieux du bien-être des habitants de l’hexagone.

 

La décennie quatre-vingt-dix a été celle des trahisons, du triomphe de la droite parano et sécuritaire, du triomphe de l’argent à tout va, à la fois vulgaire et avilissant. Dans ce contexte de déréliction, avec une conjoncture économique à bout de souffle, nous assistons à une collusion médiatique horripilante amalgamant notamment, réserves sur le sionisme à antisionisme et antisionisme à antisémitisme. Richard Labévière, lourdé de RFI, pour ses positions pro-palestiniennes. Alain Ménargue, journaliste de RFI, mis à la porte pour avoir osé taxer l’État actuel d’Israël, d’État raciste. Dieudonné que Guéant a ridiculement brocardé (sûrement pour des motifs électoralistes) et à qui une foule de trublions débilos a voulu empêcher de présenter sa liste aux européennes. Je passe sur le camp adverse entre Finkielkraut et les autres activistes du sionisme d’extrême droite susdécrit. Ils ont pignon sur rue et savent bien jouer des coudes pour obstruer la liberté de s’exprimer et biaiser le débat public. Gaulois, gauloises, nous ne sommes pas biglouches. Ce capharnaüm cache bien des enjeux opaques. Nous percevons que notre économie est délirante et agit peu en notre faveur. Nous conservons nombreux la mémoire des atrocités guerrières et, les médias tendancieux, refusant d’ouvrir ses yeux sur Gaza, refusant les débats légitimes et, partant, fixant incompréhensions et crispations, nous posent questions sur l’ensemble de la conjoncture.

 

 

La gauche d’une mollesse complice nous fout dans la merdasse, les autres gauches ne sont pas assez fortes pour contrebalancer le pouvoir de la majorité présidentielle, passée maître dans l’art de contrôler l’électorat. Il est temps pour nous de nous entendre, de cesser de porter crédit à qui diabolise ou crame son prochain. Il est temps pour nous d’écouter toutes les voix voulant toucher un mot dans nos contrées, toutes les voix sur un pied d’égalité. Il est temps que nous, le peuple, nous entendions en vue de recouvrer notre bon vivre et de réfléchir aux conditions.

 

Docteur Verdier Jacob

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