Saturday, June 27, 2009

La fête du sport

Tout le monde connait mon amour pour Rama Yade.

Rama Yade d’ailleurs, qui aurait pu être une héroïne d’un Walt Disney…sous acide et dépressif, coursant une de ses nombreuses soubrettes afin de se livrer avec cette dernière, de gré ou plutôt de force, à des jeux érotico-sado-masochistes, si chers à Edouard Stern.

Rama Yade dont le regard tout en subtilité, nous rappelle celui, non moins expressif, de la morue sur l’étal du poissonnier, la finesse du raisonnement et l’avant-gardisme des arguments politiques nous font comprendre pourquoi Xavière Tibéri fut elle-même, un temps appelée à de hautes fonctions administratives.

Rama Yade donc a cru bon de nous livrer, à la faveur du remaniement ministériel, une saillie non seulement drolatique, mais qui témoigne, si besoin était, de son courage. D’aucuns, dont fait partie votre humble serviteur auront compris que sa nomination surprise, au poste si enviée, de secrétaire d’état aux sports, n’est en fait que la manifestation visuelle et sonore de sa disgrâce tant auprès de son ministre de tutelle, qu’auprès de son maitre à penser.

Un journaliste, dont la qualité première est de dire franchement pour qui il vote lors des présidentielles, l’interrogea donc sur cette non promotion aux sports, cette dernière pris la mouche et s’offusqua comme une vierge effarouchée que l’on puisse ainsi dire tout haut ce que tout le monde pense tout haut.

En fait, Rama Yade s’est fendu d’un « Mr Duhamel, taisez-vous », qui fleure bon le non moins célèbre Elkabbach du sémillant et pas vraiment regretté, Georges Marchais : épisode qui nous rappelle ce que le bon journaliste politique a pu être lorsque ces derniers se prosternaient devant les ministres, retiraient leur chapeau et s’appliquaient à une douloureuse génuflexion pour signifier leur déférence.

Le lendemain.

Lorsque Mr Duhamel n’était plus là pour rétorquer.

Quel courage.

Je ne dis pas que Duhamel soit l’exemple du journaliste indépendant, féroce, qui pose les questions qui dérangent et ne vous lâche plus le mollet lorsqu’il le tient entre les molaires ; non pas dut tout, il est même du sérail.

Rama Yade, je vous le répète donc, vous avez été mise sur une voie de garage, ce n’est pas une sanction mais l’esprit vif que vous êtes reconnaitra assez aisément que ce n’est pas non plus une promotion : donc va falloir nous lâcher avec votre mauvaise foi.

Je crois savoir qu’en tant que diplômée de Science Politique, un minimum de correction et de savoir vivre vous a été inculqué, c’est le moment de vous en servir. D’ailleurs c’est triste de penser que vous avez trahi l’héritage de feu Senghor et celui de votre père, ceux qui vous ont justement permis de fréquenter ledit établissement et bénéficier du précieux sésame.

No comments: