Un récent problème de voisinage a capté mon attention ces derniers jours. Non pas celui de dimanche soir à Watts.
Comme il se doit dans tout bon trouble de l’ordre public qui doit produire un excellent fait divers sur lequel les différents protagonistes télévisuels, communément appelé experts, auront tout le loisir d’exercer leur lucrative mais néanmoins inutile masturbation intellectuelle, la voisine bien attentionnée qui appelle la police croyant déceler de la graine de délinquant lorsque un vieillard se déplaçant à l’aide d’une canne et un chauffeur de taxi arthritique joignant leurs maigres forces afin de défoncer la porte d’une habitation ; les deux derniers intervenants clôturant le casting de ce bal tragique.
C’est ici que les versions diffèrent, comme souvent lorsque la police justifie l’usage de la force contre je vous le rappelle un vieillard, qui plus est chez lui. La police invoque, à juste titre, l’insubordination de l’individu qui refusait de décliner son identité selon le strict guide protocolaire de la police fédérale américaine. Henry Louis Gates, le vieillard en question, a expliqué avoir très peu goûté à la procédure de contrôle d’identité diligenter par l’officier par le Sergent James Crowley.
C’est ici que je fais une pause historique pour resituer le débat : Mr Gates est un imminent professeur de la non moins fameuse université d’Harvard, occupant la chaire réservé aux questions raciales –quel heureux hasard. Le Sergent Crowley, bien qu’anonyme pour la plupart des personnes de cette terre, n’en est pas moins célèbre dans la communauté du Massachussetts pour avoir tenté de réanimer un basketteur noir pris d’un malaise en 1993, mais aussi il est l’officier instructeur du Racial Profiling depuis 2004.
Je ne vais pas couvrir le fond de l’histoire parce qu’en vérité ce n’est pas l’objet du présent débat mais rappelons tout de même qu’il vous est loisible de crier sur un policier, ou encore désobéir s’il vous demande de vous mettre sur le côté (ce sont les faits reprochés par le policier au professeur et qui ne sont en rien constitutifs d’un désordre sur la voie public, surtout si ça se passe chez vous). Mais il faut ne pas perdre de vue que nous payons des impôts pour que les policiers se déplacent et vérifient lorsqu’il y a un appel d’un justiciable, on est toujours content de les voir lorsque le fait est avéré.
Ce qui m’importune dans ce triste épisode ce sont les réactions de Barack et de Skip.
Contrairement à ce que les gens peuvent penser Skip Gates ne s’est pas senti insulté parce que policier à pu proférer des remarques racistes à son endroit –franchement si c’était le cas vous ne pensez pas que le chauffeur de taxi s’en serait fait l’écho et que Skip les aurait énuméré lors de sa conférence de presse et surtout mandaté un avocat pour lui rendre justice- non il a été vexé.
Vexé parce qu’on ait pu le prendre lui pour un vulgaire voleur. Lui le professeur d’Harvard. Lui l’ami de Barack. Lui qui revenait d’un long voyage alors que le policier n’avait jamais quitté le Massachussetts.
Oui il était juste vexé qu’on ai pu le confondre avec les autres. Mais si vous savez ces noirs qui vivent dans des quartiers défavorisés, qui violent, volent, tuent et font régulièrement les titres du Fox News.
Il a été vexé d’avoir été pris pour ce qu’il est, un noir. C’est un crime de lèse majesté pour ce genre de personnage qui estime qu’avec son ascension sociale, il s’est soustrait définitivement à la population dont il est pourtant issu, appartenance qui s’exprime à tout instant et qu’il est impossible d’esquiver.
C’est sa cicatrice d’Albator à lui : c’est disgracieux mais c’est un très lucratif fond de commerce.
Barack. Lui non plus n’est pas noir. Il a été un moment, un jour mais c’est promis avec son élection il va se soigner et ne prononcera pas discours qui pourraient blesser les consciences, réveiller le spectre de la question raciale. Promis. Barack ce sera le président des blancs et des noirs.
Quelle vaste blague. Des incidents de type raciaux, comme ils disent, il y en a eu de tous types et avec des degrés de violence variables depuis l’élection du messie exterminateur de mouches d’une chiquenaude pendant le 20h du CBS News. Mais pas un mot. Pas une remarque, pas une allusion. Que ces individus qui arrêtent les balles des policiers avec leurs dents, ou qui endiguent la violence policière par de subtils parades à l’aide leurs mâchoires, voire toute autre partie de leur corps, continuent de le faire dans la relative discrétion dont ils ont toujours fait montre et profite de leur notoriété sur youtube.
Je ne dis pas qu’Obama à la larme sélective…en fait si je le dis. Je m’outre contre cette larmoyante diatribe contre un policier apprécié de tous et de toutes simplement parce qu’il a eu à contrôler l’identité d’un de ses amis. D’un seul geste, cet impétrant vient de vouer aux gémonies le sort de millions de personnes potentielles victimes de violence raciale. Barack n’a pas souvent crier au loup mais dieu qu’il l’a crié au plus inopportun des moments. La suspicion, légitime désormais, s’abattra sur lui lorsqu’il voudra se positionner contre une prochaine altercation de ce type.
A force de naviguer avec une ligne éditoriale floue, on finit par perdre ses (é)lecteurs : qu’on ne s’étonne pas si la population tout entière entonne désormais un «Obama je te vois» lors de chaque arrestation.
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