Saturday, August 29, 2009

Toi Jane...


Après deux semaines d’un hiatus pas forcément mérité, aux vues des remarques acerbes reçus par votre serviteur, il était normal que je poussai mon coup de gueule pendant que mon ami le lapin de garenne continue sa lente mais néanmoins nécessaire cuisson avec les herbes de Provence, issues de l’agriculture pas forcément biologique turque…ha la Provence.

Bref ce matin je suis remonté contre une autre représentante putative de la cause féminine, non pas que cette dernière possède la moustache, une dentition approximative, une choucroute royale, une gaine couleur chair et la jupe patchwork en tweed –élaboré pendant ses heures de longues méditations très loin de la foule plébéienne- éléments constitutifs de la parfaite militante du mouvement de libération de la femme d’autrefois, chienne de garde aujourd’hui. Connasse.

Aujourd’hui, je suis colère. Ha je suis colère.

Tout avait pourtant bien commencé entre cette inintelligente et moi : elle était jeune et montrait ses seins menus en forme de grain de riz destinées aux enfants faméliques du Sahel après qu’ils eu écouté la tremblante des chanteurs en perfecto pour ladite région qui se remet doucement du passage du french docteur dans ses habits d’Indiana Jones et ses croquignoles couleurs sables…ha c’était le bon temps.

Bon encore une fois je m’égare. Je disais donc que tout avait bien commencé entre moi et cette gourde à frange. Pensez donc, elle a même participait au fantastique film La Moutarde me monte au nez avec une de mes deux idoles de l’époque, l’autre monstre sacré étant Aldo Maccione.

Jane Birkin puisque c’est d’elle qu’il s’agit. Courte d’esprit, longue de jambe. Les dents du bonheur en porte drapeau. Responsable d’un célèbre gynécée, a mis bas deux fois, une fois pour la géniale Charlotte, une fois aussi pour Lou Doillon. Lou, qui nous rappelle chaque jour que l’esthétique est une valeur changeante, puisqu’elle exerce le métier de mannequin.

En revoyant Jane Birkin à la télévision il y a quelque jour j’ai tout d’abord décidé que le temps était enfin venu pour moi d’entamer une longue et fructueuse correspondance avec Eric Besson, ministre émérite de la l’immigration. A moi les joies de la délation, je vais me faire un plaisir de la faire enfermer et renvoyer manu militari après un passage par le centre de Sangatte pour qu’elle puisse profiter d’un tabassage en règle par les autres migrants.

Ca va faire presque 50 ans que cette écervelée à quitter sa Grande Bretagne natale pour venir pour pourrir la vie sur le continent d’abord comme mannequin, ensuite actrice, et concomitamment chanteuse de variété molle du genou, qu’elle a d’ailleurs cagneux. On n’attend pas d’elle qu’elle jongle avec le Bescherelle et le bon usage mais un minimum de syntaxe et de diction ne ferait pas tort. Même l’arabe du coin a compris qu’on ne dit pas une garage ou encore un voiture. Connasse.

Passons encore sur ses difficultés grammaticales et orthographiques, revenons-en sur son œuvre. Forcément immense.

Œuvre, qui, hasard du calendrier, s’est arrêté le jour où un obscur chansonnier slave répondant au nom pas fort auvergnat d’ailleurs de Gainsbourg s’en est allé par la porte de derrière rejoindre le caveau familial sis cimetière Montparnasse, après avoir entretenu de longues années un cancer qui a fini par bien le lui rendre.

Une pensée émue pour ce ménestrel de talent qui, outre des chansons qui restent géniales, avait introduit dans le milieu encore fort corseté et frileux de la télévision une once de bon goût avec les premières chorégraphies topless, contrairement à Mike Brant qui n’a introduit que lui-même.

Jane Birkin, va falloir faire autre chose maintenant : les ventes extrêmement confidentielles de vos derniers opus –pouf pouf- ne sauraient me faire mentir. Vous avez eu votre temps, vos années de gloire mais va falloir y aller maintenant. Que vous nous pondiez un album de remix ou un florilège de vos plus belles mélopées avec Serge passe encore, mais que chaque année soit l’occasion pour vous de nous assommer avec des nouvelles versions inédites tziganes ou arabisantes de vos glorioles passées, il suffit.

Va falloir laisser les droits d’auteurs au seul héritier de Serge et arrêter de nous bourrer le mou avec votre voix de couscoutière de l’East Kensington.

Friday, August 14, 2009

Le seul handicap pas remboursé par la sécu… !

Je voudrais que celui qui a dit qu’Anne Roumanoff était drôle se lève.

Oui le salop qui a décrété un soir de grande beuverie que cette grande truie mauve était marrante se dénonce immédiatement. Et qu’il soit jeté aux lions après une émasculation à l’ancienne.

Grâce à ce salop de programmateur, hier cet ersatz d’humoriste est venue polluer mon poste de radio de son inopportune et pitoyable voix.

Cette soirée pendant laquelle je pensais m’endormir tranquillement dans les bras de Morphée après avoir enfin compris le film Matrix, j’entendis cette émission qui égrène de blagues douteuses et imitations imprécises. A la fin de cette retransmission, après le remerciement à un dieu quelconque d’avoir mis un terme à cette boucherie, j’ai eu une larme admirative pour toute l’équipe des rédacteurs des blagues carambar.

Anne Roumanoff, triste protubérance tu voles au ras des pâquerettes : même les vieux qui hélas sont les seuls encore à écouter cette station séculaire, en arrivent à souhaiter qu’une nouvelle canicule mettent fin à leur souffrance plutôt que de subir cette farce.

Cette émission de radio pendant laquelle tu officies est l’engrais où les âmes pustulentes et les contaminées s’épanouissent en incurable bubons.

La bienséance m’interdis de maugréer ni de psalmodier quelques malédictions à ton endroit mais je rêve secrètement d’épier des individus te prodiguer une mort violente après t’avoir torturé ; à la suite de quoi je m’éloignerais piaillant aux étoiles les salacités vulgaires que ton émission m’inspire.

Dans la rubrique humoriste cultivée à diplômes et drôle, on ne pourra manifestement pas classer cette malheureuse à tignasse rousse.

J’ai pour habitude de ne jamais attaquer le physique, mais nous nous accorderons sur le fait que c’est bien là son seul filon humoristique…

Monday, August 10, 2009

Macho Man

"Je n'ai jamais été féministe car je n'étais pas assez moche pour ça."
Karl Lagerfeld

Déconstruire le césarisme démocratique du sarkozysme

Parfois comparé lui-même à Bonaparte, le régime instauré par Sarkozy se rapproche de plus en plus d'un bonapartisme ou d'un césarisme nouveau, adapté au monde démocratique. Explications.

auteur: Christian DELARUE

Evoquer le césarisme sarkozyste c'est diriger la lumière sur le personnage, ses discours et ses pratiques, c'est aussi diriger la lumière vers les médias et l'opposition. Le regard porté vers le personnage permet de faire des comparaisons avec des contemporains comme Berlusconi et au passage de montrer l'entourage : les courtisans, les petits et les grands, les "saigneurs" du prolétariat.

La comparaison montre aussi que le personnage autoritaire n'est pas un dictateur à l'image de l'Italie de Mussolini, de l'Espagne de Franco, du Portugal de Salazar, de la Grèce des Colonels, de la France de Pétain, etc. Cela ne tient pas à une autolimitation du personnage mais renvoie à l'analyse du contexte, celui des institutions qui restent de type "démocratie modeste" en voie de dépérissement, celui des dynamiques à l'œuvre et notamment des oppositions au César et à sa politique qui disposent d'une liberté d'expression.

Car le sarkozysme n'est pas une dictature militaire ni une dictature de notables. Le régime politique n’est pas dictatorial et encore moins fasciste, même si les traits de la forme pénale et policière de l'Etat se renforce. Le peuple peut décider, peut voter, peut manifester. Il le peut d’une façon très limitée, très modeste mais il peut. Pourquoi ne le fait-il pas ou si peu ? Il faudra tenter de répondre à cette question.

Le rapprochement avec le bonapartisme

On peut rapprocher ce type de pouvoir personnalisé du bonapartisme, qui admet et même s'appuie sur le suffrage démocratique, mais en effectue un détournement populiste de type extrême-droite (1). André et Francine Demichel (2) définissaient le bonapartisme comme "une dictature de fonctionnaires et de bureaucrates soigneusement triés par le pouvoir. L'institution des préfets est à cet égard très révélatrice". Les deux derniers conflits du semestre 2009 dans le champ universitaire et celui de l'hôpital montre une volonté de "préfectoralisation", avec la décision de placer des autorités disposant de pouvoirs importants directement subordonnés au volonté du César républicain français.

Le bonapartisme serait, selon André et Francine Demichel, "la traduction historique d'une situation d'équilibre entre les classes. La bourgeoisie, pour maintenir cet équilibre, est amenée tout en conservant bien entendu son pouvoir économique, à déléguer son pouvoir politique". Sommes-nous dans cette situation ? La crise financière qui a débouché sur une crise économico-sociale sévère pour les travailleurs a mis en accusation le capitalisme. Evoquer le capitalisme prédateur, c'est un premier élément de gagner au plan de l'idéologie. Un élément faible car d'une part c'est le capitalisme financier et parasitaire qui a été accusé, et d'autre part les dirigeants ont annoncés bien vite leur désir de le "refonder".

En face dans l'opposition on trouve les courants pour une alternative systémique de type éco-socialiste et les courants néo-solidaristes (3) qui s'appuient sur J.M. Keynes, E. Durkheim, L. Bourgeois, C. Bouglé dans cadre de la refondation et de l'alternance. L'enjeu est l'unité sans perdre ses spécificités pour évacuer le césarisme démocratique.

L'offre de changement déçoit une partie du peuple

Il ne suffit pas de dire (3) que les partis de gauche sont divisés et que les syndicats de salariés sont trop nombreux. Certes cette division dans les deux champs de la représentation est problématique mais elle est fondée sur des réalités. Faire l'unité avec le PS au moment ou se dernier penche de tout son corps vers la droite et que certains de ses membres s'y précipitent n'est pas chose facile pour l'autre gauche.

L’autre gauche est celle qui part en lutte, comme elle peut, avec ce qu’elle a, contre le monde-marchandise. Car c’est bien la logique marchande, si valorisée par le néolibéralisme et notamment l'OMC, qui généralise le dol et la compétition, qui porte de la corruption et du carriérisme chez les élites, de l'individualisme et de la cupidité chez les possédants, et du sécuritarisme au sein de la société. Il faut aussi évoquer la xénophobie instituionnalisée et le racisme multiforme montant, le sexisme qui perdure, la laïcité mise à mal. Mauvaise pente ! C'est peu de dire que cette logique globale fait évidemment le jeu du conservatisme.

Pour éradiquer le césarisme démocratique, il y a surtout besoin d'autres valeurs qui ne s'imposent pas d'emblée, notamment celle qui préfère la valeur d'usage à la valeur d'échange, celle qui refuse le capitalisme productiviste, celle qui milite pour un nouveau partage du temps de travail contraire au sarkozysme. Il y a besoin d’une vraie gauche avec un autre rapport au peuple, aux travailleurs, aux services public.

Faut-il rappeler que nous devons tous et toutes participer à la production de l'existence sociale. Cela s'organise politiquement et démocratiquement. Encore faut-il poser le principe républicain. Dans ce cadre, il n'y a pas d'une part celles et ceux qui travaillent 60 heures par semaine à un rythme élevé et avec des sursalaires et d'autre part celles et ceux qui sur le bord regardent trois euros en poche les champions du travail salarié. En conséquence, la gauche mandarinale ne saurait remplacer la droite préfectorale. Or on ne sent pas, c'est le moins qu'on puisse dire, au sein du PS, une gauche qui ose le changement. De celle-là, il ne faut rien attendre, que des coups-bas avouent de nombreux salariés. Et pourtant pour le coup de boutoir, il va sans doute oser une unité à l'image de celle construite par les syndicats pendant le premier semestre 2009.

L'insignifiance du monde et le formatage des esprits

Une mauvaise opposition n'explique pas tout de l'installation du césarisme démocratique. Si l’école démocratique a bien fait monter le niveau scolaire, les médias ont su faire baisser le niveau d’analyse critique. On se trouve donc face à une montée de l’insignifiance du monde de par un double formatage des esprits : celui des médias "libres" en Occident et celui des religions ailleurs.

Pas tous les médias ; et les religions sont aussi subdivisées. Mais la tendance lourde est là. Et ce formatage se cache derrière le pluralisme. Nous avons le sentiment de choisir notre divertissement. Ce divertissement a très souvent pour trame principale la fuite des questions aujourd'hui posées à l'humanité. Ici, il faut pointer à côté de la fatigue montante au travail l’embourgeoisement relatif d’une partie du peuple-classe. Stratégie du confort et de l’aisance financière la distingue de l’autre partie plus "en-bas" qu’elle. En somme la petite-bourgeoisie indépendante (professions libérales) et la petite-bourgeoisie salariée (les échelons de commandement supérieur du privé et du public) n’ont pas encore subi les effets de la crise, ni même leurs enfants. Certains en perçoivent même encore les fruits.

La montée de l’insignifiance du monde mène aussi bien au vote Sarkozy qu’à l’abstention, en tout cas au désintérêt de la chose publique. Car il n’y a pas que la montée du religieux, notamment intégriste, à pointer du doigt en ce début de siècle. L’obscurantisme se généralise sur tous les fronts. Les cerveaux se ramollissent. Ils gardent leur efficacité pour l’intelligence technicienne, pour la rationalité instrumentale, celle qui vient qualifier la force de travail. Mais comme citoyen le désert de la pensée progresse sur deux fronts. Les esprits sont de plus en plus coincés entre l’intensification du travail (pour ceux et celles qui travaillent) et l’abrutissement médiatique délivré aussi bien pour le repos du "guerrier économique" que pour le chômeur oisif. A cela s’ajoute le journalisme à sensations qui déploie "le poids des mots et le choc des photos". La censure existe toujours mais ce n’est pas elle qui formate les esprits à l’acceptation du monde tel qu’il va.

Jamais les raisons de se révolter n'ont été aussi fortes, jamais les pesanteurs confortables du repli familial et du divertissement médiatique ont été encore plus puissantes. La capacité d’endormissement des consciences par les grands appareils d’influences médiatiques est surprenante. Ils disposent il est vrai de gros budgets, d’experts en techniques de propagande et de désinformation.

L’idéologie médiatique fonctionne à flux tendu sur les deux registres les plus perturbateurs pour l’individu : d’une part la monstration de ce qui est beau et séduisant - stars ou objets marchands - assimilé à ce que possèdent les riches et qui suscite une envie relative des déshérités, et d’autre part la monstration de ce qui est laid, puant, terrorisant et qui insécurise le peuple tout comme les riches. L’esprit du "chacun pour soi" se marie bien avec l’esprit de consommation marchande lié au besoin de confort généralisé. Comme l’esprit de "lutte des places" s’intègre à merveille à l’esprit de la concurrence généralisée du credo du libéralisme économique. Un tel ensemble génère au mieux un souci de conservation de son pré carré et une demande politique sécuritaire.

Pourtant, tout n’est pas noir. D’abord, il existe une presse critique. Il existe toujours des réseaux de solidarité de lutte éloignés des tactiques compassionnelles. Il existe un désir d’apprendre et de changer le monde. Il faut qu’il puisse se présenter aux lieux de débats et se confronter aux pensées critiques. Et exiger ensuite la démocratie véritable. Mais la démocratie demande du temps, de la pédagogie, de l'attention. Elle est aussi coûteuse. Mais elle est un des vecteurs du changement.

1) Ambiguïté du mot populisme : Pour les uns, le terme recouvre l'attitude des mouvements politiques de gauche qui veulent le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple dont ils font partie. Le peuple se distingue ici nettement de la classe dominante la bourgeoisie. On pourrait parler de peuple-classe. L'idéologie déployé est démocratique et égalitariste : justice sociale et justice fiscale. La critique du capitalisme y est courante mais avec des variations et donc des courants divers. Pour les autres, à l'extrême-droite, le populisme est une critique des élites politiques et médiatiques mais pas de la classe dominante. Il ne s'agit pas d'abaisser les pouvoirs de la bourgoisie mais de remplacer les élites qui font le jeux de l'étranger, qui sont trop tournées vers l'extérieur. Ce populisme nationaliste débouche est très souvent sur une xénophobie et un racisme mal caché. Enfin, le terme est utilisé en science politique pour englober l'un et l'autre des usages. Un terme à manier avec précaution pour qui entend être bien compris.


2) dans "Les dictatures européennes" d'André et Francine DEMICHEL (PUF 1973)

Sunday, August 2, 2009

Je n’aime pas les enfants de Michael Jackson.


Comme bon nombre d’entre vous, je n’ai rien contre feu le King of Pop : j’ai eu moi-même une authentique inclinaison pour certaines de ses chansons et d’un point de vue strictement musical, je ne peux que regretter son décès prématuré.

Les excuses d’usage prononcées, parlons enfin de cette cérémonie qu’encore aujourd’hui je déglutis avec force de spasmes vomitifs.

Cette cérémonie pataugeait dans le filandreux, la mièvrerie y disputait à la plus pénible des sensibleries.

Cette longue flétrissure de chanteurs bouffis dans leurs smokings trop justes et de chanteuses aux corsets boudins de Savoie m’a filé la gerbe : quel triste théâtre que les miaulements des unes et les brames des autres qui invitent le bon peuple à glouglouter dans le sirupeux, la larme crue et la honte sous le bras,

L’avilissement télévisuel a atteint son paroxysme avec les rejetons qui paradent sur scène pour réciter des mots d’amours malhabilement appris dans les coulisses de ce centre sportif de Los Angeles.

A-t-on jamais vu les héritiers de tous ces chanteurs morts se donner en spectacle de la sorte ? Je n’ai que dégout pour cette jérémiade organisée, cette auto flagellation était du plus douteux, ce fut une débauche de moyen et d’artifice pas digne de la mémoire d’un homme dont les cavités veineuses faisaient office de pharmacie de garde.

Cette cérémonie volait suffisamment bas pour que les grossiers trouvent cela vulgaire et ils n’ont pas manqué.