Sunday, September 27, 2009

Point de Vue / Image du Monde

Giscard a menti.

La belle affaire.

Qui n’a pas dans un moment d’ennui estival, feuilleté un Voici ou un Gala dans le salace espoir d’apercevoir l’arrogante et turgescente protubérance mammaire de Claire Chazal ou de toute autre fille de mœurs légère échappée du studio de Secret Story, dont la plastique avantageusement proportionné à la faveur de quelques scalpels nous rappelle ce que les efforts conjoints de l’aéronautique et du BTP peuvent produire?

Giscard c’est pareil, il a feuilleté ses collections 1970 et 1980 de Point de Vue/ Image du Monde dans lesquels on relatait avec force détails les avilissements et génuflexions fort peu protocolaires de Diana et du royal palefrenier qui partageait avec Chirac un gout pour les croupes de toutes sortes.

Alors il s’y est cru, le bougre.

Je le comprends bien moi VGE, seul dans son bureau, dont les senteurs de bois précieux et de myrte lui rappellent les parties de chasse effrénées avec son pote Jean-Bedel, parties de chasse pendant lesquels le jeune et élancé éphèbe qu’il était, ne dédaignait pas achever ses proies à coup de trique.

La souillon pensait-il alors, tout enivré de ces réminiscences., les joues rougis de concupiscence mal dissimulée sous ses habits du dimanche.

Diana d’un côté, belle, distinguée, blonde, peu farouche, bref franchement bonnasse et peu économe de ses charmes, forniquant avec ce que l’Angleterre compte de joueurs de rugby, tennis voire professeur de gymnastique, en fait que des prix Nobels.

Giscard, dans son salon Louis XIV, l'épagneul arthritique au pied, Anne-Aymone aussi suçant des friandises à l’anis à la manière d'une France Gall, ingénue chanteuse de la période yéyé précocément disparue de nos radios par faute de succès essentiel pourtant dans le métier de chanteuse de variété, l’usure casanière où la routine alourdit les élans familiers en érodant à cœur les envies conjugales.

Comment lutter ?

Il se voyait bien en Empereur.

Jules César, pénétrant Alexandrie.

Peut-être Caligula et elle serait Drusilla.

Non il serait Napoléon.

Il débarquerait bientôt sur le champ de bataille. La perfide Albion ne se méfiera même pas, elle a déjà rendue les armes. Prêtes à subir les derniers assauts.

Sa couche, son Waterloo.

Mais il est plus malin que Bonaparte.

Lui, il jouit à la fin.

Thursday, September 24, 2009

Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme


Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m'approche d'une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n'a aucun souci à discuter avec cette "France profonde". Il m'avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l'organisation l'a appelé pour savoir si j'étais bien son... chauffeur.

Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l'endroit, la population, les préjugés sont poisseux.

J'en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n'hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu'"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"

Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c'est toujours "M. Kessous". Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, "M. Kessous", ça passe mieux : on n'imagine pas que le reporter est "rebeu". Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m'avait avoué, en souriant : "Je croyais que vous étiez de notre communauté."

J'ai dû amputer une partie de mon identité, j'ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c'est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s'est si souvent produit...

A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l'île de la Barthelasse, près d'Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s'est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l'enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J'aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.

On pensait que le meurtrier s'était enfui de l'hôpital psychiatrique de l'endroit : j'appelle la direction, j'ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde..." Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J'ai alors cru que cette directrice allait s'évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d'identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu'on vous faxe l'état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir... trouvé le suspect.

Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d'embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l'alibi d'un titre "donneur de leçons". L'Arabe de service, comme je l'ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d'extrême droite pestent contre "l'immonde" quotidien de référence qui a recruté un "bougnoule " pour parler des cités.

Et pourtant, s'ils savaient à quel point la banlieue m'était étrangère. J'ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d'Algérie, ma mère avait eu l'intuition qu'il fallait vivre au centre-ville et non pas à l'extérieur pour espérer s'en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j'ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j'ai vécu l'enfer ! "Retourne dans ton pays", "T'es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.

Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"

A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l'huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.

Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m'appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je crois qu'elle n'a pas dû faire attention à mon silence. Je n'ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu'elle me dirait que l'appartement avait déjà été pris. C'est arrivé si souvent. Je n'ai pas le choix. J'hésite, je bégaye : "Euhhhhh... Mus... Mustapha."

Au départ, je me rendais seul dans les agences immobilières. Et pour moi - comme par hasard - il n'y avait pas grand-chose de disponible. Quand des propriétaires me donnent un rendez-vous pour visiter leur appartement, quelle surprise en voyant "M. Kessous" ! Certains m'ont à peine fait visiter les lieux, arguant qu'ils étaient soudainement pressés. J'ai demandé de l'aide à une amie, une grande et belle blonde. Claire se présente comme ma compagne depuis cet été et fait les visites avec moi : nous racontons que nous allons prendre l'appartement à deux. Visiblement, ça rassure.

En tout cas plus que ces vigiles qui se sentent obligés de me suivre dès que je pose un pied dans une boutique ou que ce vendeur d'une grande marque qui ne m'a pas ouvert la porte du magasin. A Marseille, avec deux amis (un Blanc et un Arabe) - producteurs du groupe de rap IAM -, un employé d'un restaurant a refusé de nous servir...

La nuit, l'exclusion est encore plus humiliante et enrageante, surtout quand ce sont des Noirs et des Arabes qui vous refoulent à l'entrée d'une boîte ou d'un bar. Il y a quatre mois, j'ai voulu amener ma soeur fêter ses 40 ans dans un lieu parisien "tendance". Le videur nous a interdit l'entrée : "Je te connais pas !" Il aurait pourtant pu se souvenir de ma tête : j'étais déjà venu plusieurs fois ces dernières semaines, mais avec Dida Diafat, un acteur - dont je faisais le portrait pour Le Monde - et son ami, le chanteur Pascal Obispo.

Fin 2003, je porte plainte contre une discothèque lyonnaise pour discrimination. Je me présente avec une amie, une "Française". Le portier nous assène le rituel "Désolé, y a trop de monde." Deux minutes plus tard, un groupe de quinze personnes - que des Blancs - entre. Je veux des explications. "Dégage !", m'expédie le videur. La plainte sera classée sans suite. J'appellerai Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, qui me racontera qu'il n'y avait pas assez d'"éléments suffisants".

Que dire des taxis qui après minuit passent sans s'arrêter ? Que dire de la police ? Combien de fois m'a-t-elle contrôlé - y compris avec ma mère, qui a plus de 60 ans -, plaqué contre le capot de la voiture en plein centre-ville, fouillé jusque dans les chaussettes, ceinturé lors d'une vente aux enchères, menotté à une manifestation ? Je ne compte plus les fois où des agents ont exigé mes papiers, mais pas ceux de la fille qui m'accompagnait : elle était blonde.

En 2004, une nuit à Lyon avec une amie, deux policiers nous croisent : "T'as vu le cul qu'elle a !", lance l'un d'eux. "C'est quoi votre problème ?" rétorqué-je. Un des agents sort sa matraque et me dit en la caressant : "Il veut quoi le garçon ?" Le lendemain, j'en ai parlé avec Yves Guillot, le préfet délégué à la police : il m'a demandé si j'avais noté la plaque de leur voiture. Non...

En 2007, la brigade anticriminalité, la BAC, m'arrête sur les quais du Rhône à Lyon : j'étais sur un Vélo'v. On me demande si j'ai le ticket, si je ne l'ai pas volé. L'autre jour, je me gare en scooter sur le trottoir devant Le Monde. Je vois débouler une voiture, phares allumés : des policiers, mains sur leurs armes, m'arrêtent. Je leur dis que je travaille là. Troublés, ils me demandent ma carte de presse, mais pas mon permis.

Des histoires comme celles-là, j'en aurais tant d'autres à raconter. On dit de moi que je suis d'origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un "beurgeois", un enfant issu de l'immigration... Mais jamais un Français, Français tout court.

Mustapha Kessous

Tuesday, September 22, 2009

Hymne à l’amour


Je suis un peu comme des millions d’anglais, je me réveille aujourd’hui comme on sort d’une doucereuse torpeur dominicale consécutive à une nuit bien arrosé qui naturellement se termine par une orgie orgasmique que seules les étudiantes en échanges linguistiques d’origine suédoises ou texanes justes pubères savent prodiguer à la suite d’absorption de dérivé non homologué par le ministère de la santé de la feuilles de coca, à moins que ce ne soit une décoction à base de GVH. Oui je suis assez dubitatif à l’évocation des relations tumultueuses d’un ancien président de la république et une princesse que l’on ne devinât pas gérontophile.

Ma première réaction était tout naturellement : «elle n’a pas fini de nous faire chier cette princesse de galles ». En ça je n’ai pas changé d’un iota ma ligne de conduite déjà exprimée lorsque cette même princesse, un soir d’été, s’était prise d’une irrépressible envie de décorer le tunnel du pont de l’alma en se livrant au body painting avec son amant de l’époque, héritier d’un obscur créateur de galeries marchandes outre Manche.

Je disais donc que je suis surpris que Diana, la princesse des pauvres qui a pris un soin particulier à ne pas le rester, se soit enticher d’un grabataire flamboyant à la diction incertaine et qui nous rappelle à tous que parfois il est nécessaire de limiter la mobilité des personnes trop âgées pour exprimer clairement s’ils prendront du pudding avec leur bout de mou.

Si la stupéfaction à d’abord pris le dessus, la logique de cet idylle exotique peu à peu s’imposa à moi.

Je m’explique.

Observons d’un peu plus près la femme avec laquelle Giscard s’est marié, Anne-Aymone Marie Josèphe Christiane Sauvage de Brantes : il est évident que cette patronymie chargée ne la prédispose pas à la pratique de la cravate de notaire ni de la flûte enchantée d’ailleurs.

Anne-Aymone, c’est la détresse bien mise de la vieille fille du 16ème Arrondissement, au cul déshérité n’ayant su que s’asseoir. Une histoire ratée, sans aucun rebondissement, comme sa plastique d’ailleurs.

Diana c’est la turpitude princière, c’est gorge profonde, pour paraphraser un ami philosophe une fois bourré, elle sent le foutre et le drakkar noir.

Seul point commun entre ses deux dames, l’humanitaire. Et ça s’arrête là.

Ce qui a fini de me convaincre de la véracité des salacités entre la goitreuse de galles et VGE, ce sont les diamants de Bokassa. Les diamants que Jean-Bedel a remis à Valéry ont servi à amadouer la libidineuse de Buckingham Palace. VGE et Diana, enfin l’affaire des diamants élucidés.

Les colifichets du ridicule empereur centrafricain, prématurément décédé dans un dénuement qui prête désormais à sourire quand on se souvient de ce qu’il faisait avec ses valises de cash et de diamants, ont permis à VGE d’attirer la choucroutée anglaise et assouvir avec elles les fantasmes qu’une morale trop stricte et une obscurantiste pudibonderie l’empêchaient de pratiquer avec sa chaste épouse qui ne daignait s’abandonner aux voluptés charnelles que dans l’unique but de la procréation.

Tout est clair aujourd’hui, dans Le Passage, précédent roman de Valéry, injustement ostracisé et agoni d’insultes par les critiques littéraires de l’époque au motif discutable que la mièvrerie du propos était plus proche à servir de synopsis pour un épisode des Feux de L’Amour, diffusé en matinée sur les chaines hertziennes au moment où la France qui se lève tôt, se suicide au bureau à l’aide d’un taille crayon métallique rouillé et les agents des services publics entament une tombola pour savoir lequel d’entre eux sera de permanence et pourra ainsi permettre à ses collègues de se perfectionner dans le maniement de l’outil informatique -le solitaire- : dans ce roman, VGE s’imaginait en sémillant notaire de province troussant une jeune auto-stoppeuse écervelée partie en séjour linguistique, Diana déjà , qui a su perfectionner sa technique, à n’en pas douter, du bout des lèvres.

Sunday, September 6, 2009

Allez les rouches!!!


Que les mauvaises langues se rassurent, la Belgique n’ira pas disputer le titre de meilleure équipe sur gazon l’été prochain. Dans notre cas, il n’y a jamais eu aucun suspense : les bookmakers ne s’y sont pas trompés en nous retirant de la grille des paris depuis Mexico 1984.

Nous avons pris un magistral 5-0.

Humiliant, quand on pense que même le Luxembourg qui pourtant n’a pas su ou voulu, appliquer les mêmes recettes gagnantes du blanchiment d’argent à la chose sportive, a réussi à s’en sortir avec un match nul.

Au-delà de la douleur légitime que cette cuisante défaite inflige au cœur et au cul, nous pouvons nous consoler en pensant que les Français n’iront pas non plus.

Ce n’est pas du mauvais esprit plutôt un viatique non négligeable de savoir que Thierry Relou ne pourra nous gratifier de ses bons mots, fins comme des miettes dans un slip, digne d’une fin de banquet arrosé d’un mauvais vin de pays.

A défaut de ne pas être les meilleurs aux acrobaties sur pelouse ni au concours non moins gratifiant de défilé de survêtement pour nuque longue sur fond d’écran sponsorisé, on se contentera de la joie de savoir nos meilleurs ennemis en congé en même temps que nous.

Allez les bleus!!!!


Sincèrement.

Je le pense vraiment.

Je les encourage de la sorte pour qu’ils continuent leur progression lente mais inéluctable vers une non participation au Mondial de 2010. Je ne dis pas que cela me ferait plaisir, mais le rictus méphistophélique qui illumine mon visage pendant que je tape ces mots, témoignera du contraire.

Je l’avoue, j’ai éprouvé une exultation sourde à observer les contorsions manchotes de ces hordes sudoripares qui se disputent le droit d’être le meilleur sur gazon de la balle au pied.

Je me suis réjoui des trottinements patauds de ces joueurs velus qui poussent la balle comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de bœufs éteints qui sentent venir le temps des corridas. Un moment, ils se sont enlacés frénétiquement par paquet de huit, à grand coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des salacités simiesques : l’un d’entre eux, moins chevelu que le gazon, avait réussi à pousser ladite balle entre les bois. But.

Le regard bovin de Rama Yade dans les tribunes présidentielles traduisait une double et pénible réalité : d’un côté cette pimbêche rafistolée ne comprend rien au football, j’en veux pour preuve qu’elle fut la seule à s’extasier sur le but contre son camp d’un chevelu à diadème français, membre émérite de la fratrie Escudé fort prodigue en sportif approximatif en tous genres.

Mais au-delà de cette anecdote fâcheuse mais fort révélatrice du manque d’érudition de cette écervelée qui promettait des masques antigrippaux à titre gracieux pour toutes personnes fréquentant les enceintes sportives, comment expliquer que cette dinde, nourrie au maïs transgénique et à l’huile de vidange de Renault 12, ne fit rien pour étendre les bonnes mesures prophylactiques chères à sa ministre de tutelle qui a récemment fait don de ses crocs roses pour soutenir une bonne cause, en empêchant toutes déjections sur le terrain : non contents de fouler la pelouse de leurs crampons sponsorisés, ces compétiteurs d’apparat se trouvent fort aise de ensemencer la pelouse vert fluo à l’écran, de leurs divers excréments buccaux et nasaux. Raffinement à la française.

A la fin de la rencontre les larmes de crocodiles de ces exilés fiscaux sur crampons m’a permis de m’endormir serein : j’imagine l’ambiance, glaciale forcément, des vestiaires qui généralement hument bon cette odeur délicatement musqué de chambre d’adolescent qui gratifie ses draps de ses lamentables prurits boursiers. L’ambiance des vestiaires nous rappelle la salle de marché de la Société Générale à l’annonce de la suppression des bonus : ça sent le jus de chaussette et ce n’est pas beau à voir.

Effets collatéraux pour les sponsors, pudiquement qualifiés d’annonceurs, et pour TF1 : c’est le moment de la découverte du coté obscur de la force : soutenir des losers ça fait mal au cul.

Un condensé de bonheur sur 90 minutes. Qui a dit que les soirées plateau-télé étaient lugubres.

Pas moi.

Thursday, September 3, 2009

Jeudi jour de pluie.


Jaillissant de son crane à la forme d’une poire Williams, rehaussé par les deux yeux aux paupières à peine ouvrables, s’ impose un tarin agricole et vermillon vomi, qu’un duvet noir d’adolescent ingrat sépare d’une fente imprécise qui peut faire illusion et passer pour l’orifice buccal lors des interviews.

Autour de ce faciès inquiétant de garçon boucher, il entretient une choucroute royale de poils à balai de crin qui se hérissent sur les tempes pour tenter de dissimuler en vain les pavillons de détresse de ses oreilles boursouflées dont la seule couleur, identique à celle du nez, apporte un semblant d’harmonie, au demeurant regrettable, à cette informité.

Pour toutes ces raisons, j’aimerai que l’on retrouve le coiffeur visagiste de Franck Ribéry et qu’on l’envoie dans le goulag le plus éloigné afin qu’il y subisse lui aussi l’assaut de virus à séquelles déformantes qui ne lui laisseront que des moignons, pour qu’enfin la goutte l’emporte dans d’atroces et méritées souffrances.

Allez les bleus.

Wednesday, September 2, 2009

Banania.


J’ai une détestation particulière pour les rebelles sans cause. J’abhorre les enculeurs de mouche du dimanche, les nazillons de la virgule mal placée, les Pol Pot de la rhétorique creuse.

Il y en a plein nos villes et nos campagnes de ces bileux, nostalgiques des ordres les plus obscures, affolés par tout ce qui bouge et qui ont une maîtrise approximative du Lagarde Michard , ça voit des bandits et des impies partout, ça vit barricadé derrière les actes de procédures et les huissiers y afférents, ça cotise à la milice communale des empêcheurs de tourner en rond, ça baise bobonne en missionnaire dans le noir avec les chaussettes le premier samedi du mois après le porno de canal plus en pensant à la poitrine opulente de la secrétaire.

Il m’est insupportable que cette bande de grumeleux acariâtres aux globes saillants étalent leur déplaisir devant tous nos tribunaux.

Leur dernière saillie, Tintin.

Tintin au Congo.

Au motif fallacieux que ladite bande dessinée véhicule une imagerie dégradante pour le peuple noir.

Rien que ça.

Moi je l’ai lu et il m’a plu.

N’eut été cette bande d’eunuques glabres, je ne m’en serai même pas rendu compte, qu’outre son évidente originalité capillaire, ce reporter transportait des basses idéologies susceptibles de porter ombrage au descendant de Chakha Zulu.

Je frémis à l’idée que ces néfastes personnages puissent intenter un procès aux auteurs de la série Martine, au motif fantaisiste que ladite série illustrée donne une représentation dégradante de la femme, voire qu’elle incite à la pédophilie la plus crasse.

Tout comme les chiennes de garde, j’invite ces caïds de bac à sable à se regrouper en association pour une grande et longue masturbation intellectuelle qui se terminera par une saine et salvatrice explosion d’idées molles du genou annonciatrice de nombreuses et passionnantes batailles judiciaires.

On mesure l’intelligence d’un peuple à sa capacité à se moquer de lui-même.

Et Dieu… créa la femme.


Saint-Tropez.

La rosée se retire en ce matin de septembre.

Les touristes, enfin ce conglomérat gluants d’indécrochables sangsues et de phagocytaires qui s’aplatissent autour du VIP Room en espérant recueillir les miettes de célébrités que leur absence de talent ne pourra jamais leur offrir, bref ceux qu’on englobe du sobriquet peu flatteur mais vendeur de people, se sont retirés sous d’autres cours afin d’y pratiquer génuflexion et révérence.

La propriété est encore calme.

Sauf le vieux berger, allemand forcément, tordu d’arthrite et à moitié aveugle qui rêvasse au salon sur son pouf.

La chambre.

Obscure forcément.

La pénombre, dernier artifice, ultime coquetterie que la nature lui octroie.

Cette pièce sent le pied confit et l’incontinence chronique de ses occupants.

Le mobilier, modeste, rappelle l’austérité d’un frigo de médecin légiste après un crash aérien : seul un tri minutieux entre les viandes et les atours bon marché permet de distinguer qui se cache dessous.

Le trône.

Enfin le lit.

Elle est encore couché, normale pour une morte. Le chat encore sur les pieds, elle est encore chaude.

C’était pourtant un beau bébé, une belle femme ensuite.

Et puis la vie s’est mise à lui tomber sur la tronche avec une frénésie dévastatrice : son regard bleu poupon s’est alourdi en torpeur bovine, elle qui volait dans la vie telle un albatros se déplace aujourd’hui avec la démarche austère des mouettes emmazoutées, son sourire ravageur a fait place au faciès borné d’un aïeul de banquet hébété par une béarnaise au-dessus de ses forces.

Notre aïeule appartenait désormais à cette écrasante majorité des mortels.

Elle n’a plus d’argent, plus d’amour, plus d’attrait mais beaucoup de haine. Elle a été longtemps divine, désormais plus commune qu’une fosse. Sa beauté naturelle l’abritait du mépris, son inclinaison actuelle l’abrite de l’amour.

La beauté s’amenuise au crépuscule de notre vie, mais est-il possible que le cœur et la raison flétrissent suivant le même schéma. Ce n’était pourtant qu’une enfant pendant l’avènement et le règne du maréchal à Vichy. Elle ne partageait avec Jany que la blondeur des cheveux avant de finir par partager les mêmes idées flasques et ratatinées sur la bonne manière de procéder au sacrifice des moutons lors de l’El-Kebir si chère à son Jean-Marie de mari.

Si elle était née sotte, aveugle et vilaine, un jury particulièrement doué de mansuétude aurait pu accorder à dieu des circonstances atténuantes que lui-même dans l’arrogant égocentrisme de son infinie sagesse refusa naguère à Adam et Eve pour une sombre histoire de pomme. Mais dieu est un salaud. Fignoleur dans le sadisme comme peu de bourreaux durant la guerre d’Algérie, il avait imaginé de doter sa créature à la beauté divine d’une âme d’artiste sensible et raffinée que soutenait un esprit méprisable et aux idées putrides.