Sincèrement.
Je le pense vraiment.
Je les encourage de la sorte pour qu’ils continuent leur progression lente mais inéluctable vers une non participation au Mondial de 2010. Je ne dis pas que cela me ferait plaisir, mais le rictus méphistophélique qui illumine mon visage pendant que je tape ces mots, témoignera du contraire.
Je l’avoue, j’ai éprouvé une exultation sourde à observer les contorsions manchotes de ces hordes sudoripares qui se disputent le droit d’être le meilleur sur gazon de la balle au pied.
Je me suis réjoui des trottinements patauds de ces joueurs velus qui poussent la balle comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de bœufs éteints qui sentent venir le temps des corridas. Un moment, ils se sont enlacés frénétiquement par paquet de huit, à grand coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des salacités simiesques : l’un d’entre eux, moins chevelu que le gazon, avait réussi à pousser ladite balle entre les bois. But.
Le regard bovin de Rama Yade dans les tribunes présidentielles traduisait une double et pénible réalité : d’un côté cette pimbêche rafistolée ne comprend rien au football, j’en veux pour preuve qu’elle fut la seule à s’extasier sur le but contre son camp d’un chevelu à diadème français, membre émérite de la fratrie Escudé fort prodigue en sportif approximatif en tous genres.
Mais au-delà de cette anecdote fâcheuse mais fort révélatrice du manque d’érudition de cette écervelée qui promettait des masques antigrippaux à titre gracieux pour toutes personnes fréquentant les enceintes sportives, comment expliquer que cette dinde, nourrie au maïs transgénique et à l’huile de vidange de Renault 12, ne fit rien pour étendre les bonnes mesures prophylactiques chères à sa ministre de tutelle qui a récemment fait don de ses crocs roses pour soutenir une bonne cause, en empêchant toutes déjections sur le terrain : non contents de fouler la pelouse de leurs crampons sponsorisés, ces compétiteurs d’apparat se trouvent fort aise de ensemencer la pelouse vert fluo à l’écran, de leurs divers excréments buccaux et nasaux. Raffinement à la française.
A la fin de la rencontre les larmes de crocodiles de ces exilés fiscaux sur crampons m’a permis de m’endormir serein : j’imagine l’ambiance, glaciale forcément, des vestiaires qui généralement hument bon cette odeur délicatement musqué de chambre d’adolescent qui gratifie ses draps de ses lamentables prurits boursiers. L’ambiance des vestiaires nous rappelle la salle de marché de la Société Générale à l’annonce de la suppression des bonus : ça sent le jus de chaussette et ce n’est pas beau à voir.
Effets collatéraux pour les sponsors, pudiquement qualifiés d’annonceurs, et pour TF1 : c’est le moment de la découverte du coté obscur de la force : soutenir des losers ça fait mal au cul.
Un condensé de bonheur sur 90 minutes. Qui a dit que les soirées plateau-télé étaient lugubres.
Pas moi.
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