Friday, October 30, 2009

Archibald n'a qu'à bien se tenir!!!


Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers. Aucune allusion ici à l’éjaculation précoce.

Un ami –cher- va quitter sa terre d’adoption depuis trois ans, théâtre de turpitudes que même le marquis de Sade se refusa à pratiquer.

Il revient cet ami dont la réputation n’est plus à faire dans le microcosme de la nuit parisienne, où on le surnomme le Harpon, référence assez lourde, si je puis m’exprimer ainsi, à une spécificité anatomique : on subodore d’ailleurs, qu’à la suite d’une rencontre avec Thierry Henry dans les vespasiennes du Queen, ce dernier aurait déclaré n’être plus digne de se faire appeler l’Anaconda. Dont acte.

Sur l’ile sa petite garçonnière, opportunément situé près de la mer, afin et je le cite, de taquiner la moule et la morue, a une réputation qui va au-delà des frontières de cette luxuriante bourgade au milieu de nulle part.

D’ailleurs le vendredi soir, ne disait-il pas en sortant le cœur léger et le harpon sous le bras, les thons ça aiment l’eau, l’ile n’en manquera jamais. L’amateur de belles lettres que je suis fut particulièrement choqué lorsqu’à la question que mange-t-on ce soir, il me répondait hilare, du boudin fourré.

Ami évidemment qui restera anonyme afin de ne point fragiliser les frileuses conversations qu’il entretient en ce moment avec le cabinet du ministre de l’économie, quant au rapatriement de la fortune parcomonieusement épargné durant des années de dur labeur caractérisées par une vie de privation et de frugalité. C’est assez logiquement qu'en amateur de coffre-fort, il eut d’abord caressé l’espoir de se porter boat people sur le Lac Léman, afin d'assouvir, je le cite encore, ses penchants pour les grosses meules, mais aussi de la bonne miche, hélas lorsqu’il a appris que son patronyme familial se trouvait sur la liste des 3000, plus connue dans le milieu fiscal comme la liste de ceux qui vont se faire ouvrir grave, il a alors renoncé à son vil dessein.

Il revient, et je le cite encore, pour participer à l’effort national et relever le pays le pays du marasme économico-bolchévico-socialo-germanoprato socialiste qui le ronge.

Il avait habitude de dire les lendemains de cuite, lorsqu’au petit matin, nous pataugions dans sa piscine et qu’il m’expliquait que ce qu’il aime par-dessus tout, c'est la bonne grosse démocratie avec du poil sous les bras, cette légitime aspiration des peuples à ne pas être que la variable d'ajustement des riches et des puissants, mais à exister, à vivre, à revendiquer et à beugler leur rage, leur frustration, leur profond sentiment d'injustice, surtout quand on leur intime l'ordre de bien vouloir subir en silence, en fermant cette grande gueule prolétaire qui écorche les petites oreilles fragiles et sensibles de ceux qui excellent à ramper sur les moelleuses moquettes de la République cent fois bafouée, cent fois reniée, cent fois utilisée, le caviar au bord des lèvres, pour justifier l'écrasement des plus pauvres, des plus petits d'entre nous.

Il disait encore : parfois, on nous demande fort civilement notre avis, juste histoire de vernir leurs grosses saloperies sous une fine couche de légitimité et de renoncement. C'est, le plus souvent, pour un choix qui n'en est pas un : alors, tu préfères quoi, petit peuple ignare, la droite sévèrement burnée ou la gauche rose pâle, sachant que la différence tient à la qualité du lubrifiant dont on se servira par la suite pour singulièrement élargir ton petit point de vue trop étroit pour appréhender la magnificence de cet ordre nouveau qui se fera malgré toi, sur toi et surtout, sans toi ? Ou alors on nous bourre le mou (et un peu les urnes, en passant) avec un choix tout pourri à une seule alternative : Ton Europe, tu la veux méchamment libérale ou totalement et libéralement débridée ? Prière de ne répondre que oui.

Ceux qui le connaissent auront à cœur de se souvenir que ces fulgurances sociales, étaient entrecoupées de considérations particulièrement salaces et graveleuses pendant lesquelles il dressait un étrange parallèle entre l’abondance mammaire et son taux d’alcoolémie.

Peu importe les raisons, et je sais qu’elles sont excellentes, je suis content que tu reviennes par ici.

La bécot ma poule.

No comments: