Thursday, December 31, 2009

Même pas mal

Je suis un peu déçu.

A voir vos mines déconfites, véritables manifestes à la gloire de la chirurgie plastique, je me dis que pour vous aussi, cette fin d’année ne remplit pas les légitimes espoirs que vous nourrissiez.

Une année qui commence par le viol et le passage à tabac d’une nonagénaire est forcément signe d’une excellente année à venir : ce n’est d’ailleurs que justice que cette vieille se soit faite ainsi agressée dans son modeste pavillon qu’elle entretenait grâce aux mirifiques allocations de solidarité vieillesse, fruits du dur labeur de son défunt de mari, qu’une enquête de police à l’époque prématurément interrompue , désignait comme responsable de son passage à trépas.

Cette vieille dame, au lieu de goûter aux charmes infinis des maisons de retraites, qu’un reportage fort fouillé de l’irréprochable rédaction de France 2, nous en dévoilait tous les subtils atours et forcément avantages de salles climatisés où elle aurait pu sucer un glaçon en prenant le soleil et ainsi attendre que la mort la frappe, cette vieille donc a décidé fort égoïstement, en ces temps de durs labeurs et de frugalité budgétaire, de continuer à creuser un peu plus le lit, déjà fort profond du fleuve de la sécurité sociale, en réclamant une aide et des soins à domicile –aides superfétatoires et dispendieuses quand on sait que de nombreux gérontophiles viscéralement anti-européen étaient contre la directive Bolkestein, qui nous permettait par de savants mécanismes sociaux de réduire les masses salariales de ces mouroirs pour grabataires juste à bons à sucer du mou et porter des couches.

Non je vous le dis, 2009, une année de merde, excusez ma familiarité langagière mais en ce matin je suis colère : je pensais que les barbus allaient enfin trouver un moyen de faire sauter le grand noir de la maison blanche. Discrimination positive oblige, cette année devait voir émerger la branche Afrique d’Al Qaeda. Les maigres résultats de ces opérations laissent perplexe quant à la pérennité cette affirmative action version extrémiste. Il faut en revenir aux fondamentaux, des barbus, si possible chef de rayon bricolage BHV et/ou ex-salarié Total ou apparenté. Je ne veux pas être désobligeant pour nos amis les noirs qui voudraient se lancer dans le terrorisme, mais comment voulez-vous être crédible dans un aéroport alors qu’on ne vous laisse déjà pas rentrer en boite de nuit.

2009 – je me disais que Johnny Halliday allait enfin crever. J’y croyais mais une équipe de soin palliatif outre atlantique a commis l’impensable, réanimer la flamme de ce corps qui nous rappelle cruellement que si la majorité des être humains sont composés d’eau et de diverses matières putrides, Johnny n’est en fait qu’une vieille gourde en cuir orange dont les coutures ne vont plus tarder à lâcher. Evidemment la perte de cet être exceptionnel qui baise en France, cotise en suisse mais surtout pisse sur la Belgique, serait incommensurable pour les nombreux conseillers fiscalistes pour qui l’ont affectueusement baptisé le grand blond exonéré.

2009 – année de Bayrou. Le béarnais, homme du centre, qui a vaincu son bégaiement, a tenu tête à Mitterrand, Chirac et Sarkozy réunis. Bayrou toujours le pied coincé sur l’accélérateur et la pédale de frein, j’avance ou j’attends, c’est exactement ce qu’on se dit lorsqu’on voit l’orange, couleur de son partie. Bayrou, gentiment opposant, méchamment idiot. Une prose combat au service de Tatayet. Bayrou le pusillanime, sors toi les doigts du cul et couche avec Ségolène, tel le sauvageon de banlieue à l’instar de la république, nique la et si elle ne t’aime pas elle n’aura qu’à te quitter cette gourde.

2009 – Rama Yade : j’en suis au point de louer les services d’un albanais pour aller lui péter les genoux à cette gourdasse vert-de-gris. Je ne l’aime pas, je n’en fais pas secret et j’ai entretenu les plus grands espoirs en la voyant passer du Quai d’Orsay au ministère des sports, j’ai légitimement pensé qu’elle allait enfin fermer son gros clapets plein de matière fécale. Déjà pas capable de reconnaitre le département de la Vienne de la ville du même nom, elle ne comprend pas plus les subtilités de la balle trappe des règles pourtant évidentes du combiné nordique.

Je remercie Laurence Parisot et Serge Dassault, qui prouvent qu'on peut avoir son corps dans le 21ème siècle en ayant sa tête dans le 19ème. Il doit bien rester quelques mines de sel où les envoyer afin qu'ils goûtent tout deux les charmes austères et rigoureux du labeur à l'ancienne qu’ils appellent de leurs vœux.

Mais je ne veux pas finir l'année en parlant de ces nuisibles. À présent, je veux livrer à celles et ceux qui le méritent un message d'amour et de bienveillance.

Ce n’est un secret pour personne que j’exècre tout cet indécent étalage de bons sentiments et de grosse boustifaille qui balise la période des fêtes de fin d’année comme autant d’étapes sur un interminable chemin de croix mais je voudrais vous dire merci à toutes et tous pour ces purs moments de bonheur pendant l’an 2009. C’est peu vous dire que je vous aime, mais c’est assez de vous le dire aussi.

Ce fut une année épuisante et elle risque de continuer à l’être pour le reliquat d’heures qui la composent mais ce fut une année fort enrichissante.

PS : avant que la nuit ne batte son plein avec son cortège d’alcolos dépressifs et de libidineux en tous genres, je voudrais rappeler aux incontinents auditifs que j’ai un pied bot et que par voie de conséquence logique, je goûte très peu aux joies de la danse et de la transpiration de groupe.

Sur ce – bonne année.

Saturday, December 26, 2009

L’anthropologie belge ou les sphincters néandertaliens : le racisme expliqué aux enfants.

Un anthropologue en herbe de mes amis tentait, alors que nous buvions un verre, de me convaincre que la bière était un invariant culturel, un caractère commun à toute l’humanité, au même titre que le petit chaperon rouge, archétype que l’on retrouve dans toutes les légendes, depuis le Japon antique jusqu’aux Sioux. Les sirènes tentatrices auraient pu faire l’affaire aussi, car Ulysse n’est pas le seul à les avoir croisées. D’ailleurs, celles d’Ulysse avaient des ailes : la queue de poisson, c’est la faute à Andersen et à Walt Disney. Mais la Bière ne peut certes pas revendiquer le statut de sirène, car il n’y a qu’un belge pour céder à sa tentation au point d’en mourir ! Le problème est là : mon ami anthropologue, malgré qu’il en ait, reste confiné dans la belgitude. Sa perception mentale du Monde ne dépasse guère la plaine des Flandres. Je lui ai commandé un ballon de rouge, et il a compris. Ensuite, moi face à mon verre de Pils et lui face à son ballon de Bourgogne, nous avons entrepris de définir The Invariant.
Un invariant qui ne soit ni la bière – qui, entre nous, faisait la gueule dans son verre d’avoir perdu ce statut - ni le rejet de l’inceste.
L’entreprise fut ardue, revêche, rugueuse, raboteuse même par moments. Puis ce fut Euréka, alléluia, la sublime découverte, émouvante comme toutes les découvertes. Bref, voilà l’invariant culturel : tout le monde a détesté, déteste et détestera sûrement quelqu’un. L’universalité transculturelle, c’est « l’autre qui me gonfle », également appelée « putain quel gros con » - scientificité oblige.
L’historicité de ce sentiment est évidente. Résumé. Nous appellerons les hommes Donald. Donald, homo sapiens de la classe moyenne, nomadisait avec sa tribu quelque part en Europe centrale. « Putain quel gros con », se dit-il un jour lors d’une expédition cueillette, quand il aperçut un néandertalien piétiner son parterre de brimbelles. Car le néandertalien est rustre, c’est bien connu. « L’autre, là, il me gonfle », se dit-il encore quand le rustre posa ses gros doigts sales sur les myrtilles, ruinant la qualité du produit, et par conséquent le dessert de Donald et consorts. Cet épisode, caractéristique de la vie en République Tchèque il y trente mille ans, traduit la pertinence de The Invariant : nous avons tous notre néandertalien ! C’est celui que nous méprisons, le pauvre crétin qui nous sert en fait de faire-valoir, de paillasson admiratif.
Donald, finalement, était ravi d’avoir rencontré ce néandertalien cueilleur qui avait le même job que lui (cueillir le dessert). Car cet autre lui permettait de nier la médiocrité de sa position sociale en élaborant un style raffiné caractéristique des homo sapiens, assez frimeurs il faut le dire. Donald, grâce à un usage rigoureux de la raison, qui lui permettait des jugements tels que « putain, quel gros con » et « l’autre, il me gonfle », avait posé les bases du plus prometteur des sentiments d’altérité au monde : le racisme.
Le racisme naît du sentiment d’avoir un néandertalien. Ce sentiment a été à l’origine d’un système qui a permis à tous les grandes civilisations de s’épanouir : l’esclavage. De l’Égypte aux États-Unis en passant par l’Europe, l’esclave fut la cariatide des Grandes Civilisations. Merci à tous les esclaves, sans qui les égyptologues ne seraient que bien peu de chose. Aujourd’hui, le salariat flexibilisé, sans statut protecteur ni conventions collectives, est un bon support à l’édification d’une Grande Civilisation. Le monde est ainsi une Grande Civilisation.
Vous m’avez vu venir, le salariat est-il une forme de racisme ? Le salarié est-il le néandertalien des temps modernes ? L’arabe de service est-il lui-même le néandertalien du salarié national ? L’esclave Birman crevant pour l’entreprise Total, est-il le néandertalien de tout le monde ?
Le racisme est beaucoup plus qu’un sentiment naturel consistant à regarder en coin le néandertalien qui salope les myrtilles : c’est un charmant procédé de gestion des masses. Le débat sur l’identité nationale est un delirium où la frange la plus radicalisée de l’élite française néandertalise les "bougnoules".
Nos petits émeutiers qui ont assuré le spectacle à l’automne 2005 sont tombés dans le piège. Ils ont salopé le parterre de myrtille. Réaction immédiate : l’autre s’est dit « putain quel gros con ». La jacquerie (émeute qui part dans tous les sens, sans contrôle organisationnel ni revendication d’aucune sorte, bref, une révolte faite par des cons), comme toutes les jacqueries, a renforcé le pouvoir, conforté la légitimité de sa répression à l’encontre des néandertaliens, qu’ils soient jeunes beurs, putes de boulevard ou smicards. Sarkozy fut ensuite élu, et il sait que pour e maintenir il doit entretenir l’idée que le danger est au delà du périphérique.
Le racisme des classes dirigeantes n’est pas un débordement incontrôlé, un écart de langage. C’est un outil politique, une variante colorée de la haine de classe, un invariant des sociétés humaines d’une utilité mille fois éprouvée. Quand il ne sera plus utile d’instrumentaliser les divisions entre les hommes, le racisme disparaîtra, car c’est là sa seule utilité (et incidemment, la bière disparaîtra de Belgique pour céder la place au vin, qui est une boisson objectivement supérieure).
Des myrtilles, il y en a assez pour tout le monde, mais celui qui en veut plus que les autres détruit le partage et invente des prétextes pour désigner un néandertalien. Donald avait un chef qui un jour l’avait viré de l’équipe des chasseurs car il jetait sa lance de travers. Donald était donc un frustré. Il fomentait le meurtre du chef. Le chef, malin comme un chef, leur avait piqué leurs lances et les avait nommés cueilleurs de myrtilles, sachant très bien qu’ils allaient croiser les néandertaliens, reporter leur haine sur ces immondes gâcheurs de dessert et finalement ne plus penser à lui piquer sa place de chef.
Être raciste quand on s’appelle Eric Besson, Christian Estrosi, Nadine Morano ou Nicolas Sarkozy, c’est normal, c’est dans leurs intérêts. Il faut détourner les regards de leur mode de vie, de leurs superbes appartements, de leurs privilèges pantagruéliques, bref, de leur pouvoir. Il faut gérer la misère produite par le système dont ils profitent. Diviser ceux qui vivent hors des beaux quartiers, pour mieux leur écraser la gueule, c’est malin, cela s’appelle faire de la politique. Être raciste quand on est pauvre, c’est se battre pour trois myrtilles pendant que d’autres bouffent la viande chassée avec les armes confisquées. Être raciste, c’est se faire enculer avec le sourire, comme un gentil petit canard.
Reno de Stael.

Compte de Noel

En ces temps de liturgies exacerbées, je me permets d’interrompre le bon fonctionnement de notre société moderne, qui vit, à n’en pas douter l’un de des derniers noëls heureux suite à l’échec du sommet de Copenhague.
Vous qui êtes occupés à préparer votre prochain cancer du colon ou l’imminence de la cirrhose de votre foie déjà bleu qui fera à n’en pas douter le bonheur des étudiants en médecine mais aussi et surtout des lombrics à qui vous serez confiés pour l’éternité pendant que vos proches, trop occupés à calculer ce qu’il subsistera une fois qu’Eric Woerth aura ponctionné la juste dime étatique, s’exerceront à l’art délicat mais toujours rétribuant de la peine familiale.
Assez de digressions oiseuses pour en revenir à l’objet de mon ire pré-nativité.
A part quelques-ont d’entre vous dont je tairais le nom en ces temps de charité chrétienne, nous sommes de bons chrétiens et à ce titre sommes tous tombés en pamoison à la lecture de cette merveilleuse histoire de la naissance du Christ.
On y apprend qu’un père imprudent et déjà sans le sous, s’apprête à quitter son village pour aller faire le tour des oasis environnants avec sa femme enceinte jusqu’aux oreilles. Oreilles d’ailleurs que l’Ancien et le Nouveau testament prirent tous deux soins de dissimuler sous un épais voilage afin qu’on ne la confondit pas avec l’âne qu’elle montait. Et je ne parle pas de Joseph.
Marie. La singularité gynécologique de cette fille suscite l’intérêt outre de toute la branche obstétrique, mais également de la chanteuse de variété en corset de cuir Madonna, dont la fille, Lourdes, la bien nommée, dont la protubérance maxillaire exceptionnelle et la coupable éruption capillaire dont souffre son visage, ne lui laissent que peu de chance quant à un hyménée nombreux, voire tout simplement fortuit.
Voilà donc notre fine équipe, simplet et gourdasse prête à mettre bas le soir de Noel : les récentes péripéties d’un autre chanteur de variété à grosse choucroute approximativement blonde et au physique accusant un coupable alanguissement, nous ont démontré, avec force de détails, le côté hasardeux des transhumances en période de noël. Ses meilleurs tubes sont désormais ses nombreuses perfusions: Johnny Halliday, dont je me suis laissé entendre dire qu’il terminait un essai sur la reproduction du staphylocoque argenté en milieu hospitalier, aurait sans nul doute réprouvé vigoureusement cet accouchement contraire à tout rudiment sanitaire.
Mais passons.
Mais que tout ceci ne me détourne pas du sujet que je voulais soumettre à votre sagacité.
Tant bien que mal, la 7ème Compagnie version Judée, finit par se trouver un coin d’étable, endroit idéale pour permettre à sa belle de vêler au milieu des bêtes.
Au milieu de la nuit vont survenir Melchior, Balthazar et Gaspard qui apportent or, encens et myrrhe.
Marie qui n’a pas oublié d’être conne, à tout simplement jeté la myrrhe parce qu’elle ne savait pas quoi en faire.
Joseph, pas franchement reconnu dans l’histoire de la chrétienté comme l’homme le plus intelligent, dans un trop rare moment de lucidité intellectuelle, se résolut à brûler l’encens afin d’assainir l’atmosphère de l’étable qui souffrait d’un déplorable relâchement dû en grande partie aux émanations carbonés de nos amis les bêtes d’une part mais aussi et on ne le soupçonne jamais, de l’hygiène approximative de sa moitié, qui, sous de -déjà écologiques- fallacieuses assertions, se refuse à d’indispensables ablutions journalières.
Tout ceci nous amène à la question primordiale : Qu’est-il advenu de l’or ?
Aucun des évangiles ne fait mention du trésor. Par contre depuis toujours on essaie de nous vendre une fable abracadabrantesque à propos d’une galette de roi pour mieux éluder le sujet de la bourse de Jésus.
L’extrême indigence avec laquelle JC a vécu aux abords de Nazareth, me laisse penser qu’il n’a pas dû beaucoup profiter de la générosité de ses bienfaiteurs. De nombreuses sources s’accordent à dire que le dénuement de Jésus était tel qu’il travaillait dans la petite affaire d’import/export de produit manufacturés en bois de Joseph afin d’aider la modeste famille à survivre : Joseph préférant user de la main d’œuvre gratuite que constituent les petites mains agiles de cet enfant qui n’est de toute façon pas le sien et qu’il doit nourrir afin de ne pas passer pour un con aux yeux des voisins qui ne manqueraient pas de se gausser sur son infirmité testiculaire si on venait à apprendre qu’il n’est pas le paternel et évidemment les rumeurs faisant état d’un ménage à trois avec l’âne cité plus haut, heureusement disparues depuis la naissance de JC, ne tarderaient pas à reprendre.
Personnellement je soupçonne Joseph.
Et l’âne.